Ces cabanes camarguaises que l’on ne verra plus

Je vous écris aujourd’hui car je suis indignée. Je ne trouve pas d’autres mots. Pourquoi? Parce qu’une partie de notre patrimoine culturel camarguais est voué à disparaître.
C’est tout un pan de mon enfance qui va partir en fumée, mes souvenirs, notre histoire provençale, dans la plus grande indifférence ou ignorance.

 

Copyright Bruno Gardella

 

Il y a une femme qui se bât depuis plus de 15 ans pour tenter de les sauver, elle s’appelle Sylvette. Elle était l’amie du père d’une copine et je suis ses péripéties depuis de nombreuses années. Elle a toujours chéri sa maison traditionnelle de gardian aux Saintes-Maries-de-la-Mer que des milliers de touristes viennent photographier depuis sa construction (en 1951).
Mais c’est l’histoire moderne du Pot de Terre contre le Pot de Fer, après des années de procès, d’appels, de recours en justice divers et variés, la décision est tombée :
elle sera expulsable début avril!!! Un permis de démolir a été déposé par la Mairie qui semble particulièrement pressée de faire venir les bulldozers.

C’est une histoire compliquée car Sylvette était locataire des lieux depuis 1975, mais elle a été jugée « sans titre ni droit » par la Justice car son propriétaire lui a caché être en liquidation judiciaire l’ayant privé de tout droit sur ses biens, notamment celui d’établir un bail de location… Le terrain appartient bien à la municipalité mais pas la construction d’où l’imbroglio judiciaire!

En 1998, afin de protéger le lieu des promoteurs immobiliers gourmands, l’ancien maire avait fait classer le secteur en zone UPM (zone de sauvegarde paysagère) : « La zone UPM recouvre I’ ensemble des cabanes de gardian situé le long de l’Avenue Riquette Aubanel, sur le domaine privé de la Commune, et occupé par des particuliers. Ce secteur doit être entièrement préservé« .
Mais là encore, le sort s’acharne, une erreur de procédure administrative a permis à la municipalité actuelle de contourner la loi. Depuis 2004, le maire voue un véritable acharnement dans le but de faire détruire ces cabanes en déposant successivement plusieurs permis de démolition.

 

En bref, la municipalité des Saintes-Maries-de-la-Mer a prévu de détruire son patrimoine culturel à proximité des plages pour… accrochez-vous bien… réaliser une étendue bétonnée inutile (qui va vite se transformer en parking pour bus touristiques, on prend les paris?). Tout cela pour la modique somme de 300 000€ (payable par les contribuables, bien entendu)!!! Je vous mets un dessin du projet, on ne peut que se demander si les futurs bancs seront en or blanc à ce tarif là… Quelle honte!!!

Quel est l’intérêt d’éradiquer ton patrimoine pour pouvoir accueillir plus de touristes s’il ne reste plus rien de typique à visiter???

Ce qui est comique (rire jaune), c’est que parallèlement à la volonté de raser ces anciennes cabanes, des permis ont été accordés ces dernières années (sur la parcelle voisine/terrain classé) pour en construire des nouvelles, sans charme, sans caractère, mais qui ont été vendues (en 2 lots) pour la modique somme de 669 000€!!! Sachant que la cabane de Sylvette était estimée à 90 000€, il y a bien deux poids et deux mesures dans cette affaire, il s’agit bien d’une énième histoire pognon!!!

Ainsi, je ne vous le demande pas souvent, voire jamais, mais si vous pouviez signer la pétition ICI et la faire circuler, tous ensembles, nous pourrons peut-être faire plier la mairie et réduire à néant leur PLU invraisemblable ou parvenir à faire classer ces bâtiments menacés de disparition imminente!!! Nous ne pourrons malheureusement pas empêcher Sylvette et sa famille d’être expulsés, mais sauvons les cabanes des bulldozers!!!

 

Photo : Sylvette César copyright

 

Photo : Sylvette César copyright

 

Crédit : YSOPE copyright

 

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