Une Guerre perdue d’avance

« Nous sommes en Guerre… » (Emmanuel Macron, le 16/03/2020 à 20h)

Voilà, c’est par ces quelques mots répétés par six fois au cours de son élocution télévisuelle que notre président a suspendu le cours de nos vies respectives pour une durée indéterminée en nous confinant chez nous pour lutter contre un mal invisible qui réside comme une épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Ce virus, cet être abscons qui frappe au hasard, est parvenu en quelques semaines à nous priver de notre liberté et à mettre à terre l’ensemble de l’économie mondiale. Chapeau bas!
Si j’avais écrit ce scénario il y a encore quelques mois, vous m’auriez traitée de folle complotiste bonne à enfermer, et pourtant aujourd’hui nous y sommes, nous vivons ces instants irréels comme dans un cauchemar éveillé.

 

Image par Arek Socha de Pixabay

 

Nous disposions pourtant de tous les moyens en notre possession pour le prédire, anticiper sa venue, prendre les dispositions qui s’imposent, alerter la population, nous avions des exemples à nos frontières et nous avons failli, pensant être à la hauteur, surestimant nos capacités.
Nous avions la technologie à nos chevets, mais notre ennemi a une arme redoutable en sa possession… Il va vite, il est partout, il est exponentiel, il est invisible, il est imprévisible. La technologie est redoutable mais elle n’a aucune incidence sur la temporalité.

La vérité, c’est que nous manquons de la seule chose dont nous ne disposons pas et que nous ne pouvons produire pour le vaincre : du TEMPS.

Nous sommes face à une guerre, mais pas celle que l’on pourrait croire. Nous sommes face à une guerre d’égo, sous prérogatives pécuniaires.
Nous disposons en France d’un institut marseillais, l’IHU, dirigé par un infectiologue mondialement reconnu dans son domaine, le Pr Didier Raoult, qui hurle depuis des semaines qu’il a découvert une association de médicaments déjà connus (Chloroquine + Azythromycine), peu onéreux à produire en masse, qui montre des résultats spectaculaires sur le virus en seulement quelques jours (durée de contamination passant d’une moyenne de 20 à 6 jours)!
C’est génial me diriez-vous, nous sommes donc sauvés!
Et bien non, tout cela parce que les crétins qui nous gouvernent, se reposant sur un pseudo comité de scientifiques , ont peur de se lancer et de prendre la mauvaise décision. Ils ont donc décidé hier d’interdire la prescription généralisée de ces molécules, plutôt que de se reposer sur ceux qui savent. Pourquoi? Parce que cela pourrait avoir des effets secondaires déplaisants, voire dangereux sur les patients!!!

En mon fond intérieur, je regarde à la TV ce cataclysme, cette dérive et j’ai envie de hurler comme jamais! WHATTTTTT! Quel scoop, sérieux, les médicaments ne sont-ils donc pas des bonbons??? Découverte! J’en tombe des nues. Absolument TOUS les médicaments, qu’ils soient naturels ou chimiques, ont des répercussions sur le corps, des conséquences qui peuvent varier d’une personne à l’autre de part notre unicité. Je prends du Lévothyrox pour ma thyroïde quotidiennement, vous voulez que je vous liste les effets secondaires engendrés? Prise de poids incontrôlable, asthénie sévère, sueurs froides, eczéma, crampes musculaires et articulaires, tachycardie, fatigue cardiaque et j’en passe. Pourquoi je le prends? PARCE QUE JE N’AI PAS LE CHOIX, sinon je peux mourir. Je ne suis pas la seule dans ce cas, il y a environ 30 000 cas recensés rien qu’en France depuis le lancement par Merck de la nouvelle formule en 2017. Cela a-t-il ému Busyn un instant? Que nenni… Nous étions, selon ses dires, des affabulateurs.
Une de mes amies a abusé de paracétamol, elle a failli perdre son foie… Pourtant, c’était il y a encore sous peu en vente libre. Doit-on pour autant en conclure que c’est un médicament inoffensif? Puisqu’on aborde le sujet, la Chloroquine était elle aussi encore en vente libre avant que notre chère ministre ne la déclare, comme par hasard, « substance dangereuse »…
J’ai pris de l’Androcur durant 20 ans, on a découvert que ça donne des tumeurs au cerveau. A-t-on pour autant arrêter de le prescrire? Non, parce qu’il n’existe aucune autre substance pouvant s’y substituer. Et qu’en bien même on en trouverait une, il faudrait peut-être encore 20 ans de recul pour découvrir que ça tue…

Aujourd’hui, nous n’avons pas le TEMPS de tergiverser. Nous sommes face à une vague submersible dont nous ne nous relèverons pas indemnes. Elle emportera des milliers de gens dans son sillage si nous n’agissons pas IMMEDIATEMENT… Nous avons une arme, nous la connaissons bien, depuis 70 ans même. Elle n’est pas parfaite, elle peut avoir des effets secondaires, mais elle peut sauver des vies humaines. Et nous demeurons inertes, extatiques, attendant d’être balayer de plein fouet. Imaginez-vous une seconde, sur un champs de bataille dans une VRAIE guerre, où on disposerait d’une arme absolue pour vaincre l’adversaire, mais où on rechignerait à l’utiliser, demeurant à découvert à se faire tirer comme des pions, dans l’expectative de voir ce qui se passe? Espérant la bienveillance de l’ennemi, que son empathie puisse nous laisser gagner la bataille? Croyez-vous ce genre de chose possible? Non? Vous avez tord, c’est notre situation actuelle.

Question philosophique au passage, un virus est-il un être vivant pourvu d’empathie?

Image par mattthewafflecat de Pixabay

 

Testons ce processus bordel de merde, que risquons-nous? Que cela tue des gens? Bien entendu que cela arrivera, mais qui peut dire que ces mêmes personnes ne mourront pas aussi si on ne fait rien? Même s’il y a 10% d’échec, ce sera 90% de vies sauvées? Quand j’entends l’infectiologue Karine Lacombe (membre de l’INSERM, dirigé par le mari de Busyn) décrier sur le web que ce qu’il se passe à Marseille est médicalement parlant « dépourvu d’éthique », ça m’énerve. La critique est facile, mais l’action est primordiale et elle ne propose aucune alternative.
Face aux manquements répétés du gouvernement, le Pr Raoult a décidé de prendre les choses en main, fatigué d’attendre qu’on l’écoute en France, humilié qu’on le discrédite par tous les moyens imaginables (fake news), parce que sa solution n’est pas rentable pour le lobbying pharmaceutique, alors que son seul but est de parvenir à soigner les gens qui le souhaitent! On ne les force pas, on leur propose une solution, une alternative autre du discours entendu : « rentrez chez vous, respectez les gestes barrières, lavez-vous les mains, buvez des tisanes et si vous êtes en train de crever, tentez d’appeler le 15″ (y a 2 heures d’attente). Si après ce parcours du combattant vous êtes toujours en vie, « on vous hospitalisera et peut-être on vous mettra en coma artificiel, vous aurez alors peut-être 10% de chance de vous réveillez », bref vous risquez de crever seul… Parce que c’est ça la réalité que le corps médical essaye d’expliquer à bout de force. On meurt seul d’une sorte de noyade sèche, c’est une fin affreuse. Quant aux malades graves que l’on parviendra à soigner, ils garderont des séquelles parfois irréversibles et ils pourront décéder d’un simple rhume un peu plus tard… On ne sait pas si on peut guérir de cette pathologie, on n’a pas le recul nécessaire pour l’affirmer.

Alors je me questionne, dans ces conditions, est-ce plus éthique de ne RIEN faire? De dire que, par principe de précaution, on va faire des tests à petite échelle pour prendre une décision finale dans 6 semaines! Un mois et demi bordel! Que peut-être un vaccin sera disponible d’ici 6 mois… Or, les experts s’alarment du fait que chaque jour le nombre de cas graves doublent et on nous répond en terme de mois! A croire que nous ne naviguons pas dans la même échelle spacio-temporelle!
Foutu pour foutu… Imaginons un instant que cela fonctionne. Le confinement ne servirait plus à rien d’ici 15 jours, puisque les gens seraient dépistés en masse, confinés et soignés si positifs. Ils ne seraient plus contagieux au bout de quelques jours au lieu de plusieurs semaines, évitant une contamination massive, libérant des lits, des respirateurs, permettant aux soignants de se concentrer sur les cas les plus graves. Cela pourrait désengorger les hôpitaux en seulement quelques jours. Les gens testés négatifs pourraient reprendre leurs vies, retravailler, l’économie repartiraient en flèche… Que risque-t-on à essayer puisque c’est notre ultime chance???

 

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Il y aura un « Après » à cette crise majeure, soyez-en sûrs, mais malheureusement pas celui que l’on croit, je le crains fort. Il faudra intégrer le fait que cela pourrait être amené à se reproduire.
On fait la sourde oreille aux cris d’alarme du corps médical depuis des décennies, on en fait autant avec les climatologues qui alertent sur la fonte des glaciers, dû au réchauffement climatique, qui libèrent des virus encore inconnus à notre ère dans les océans du monde entier…

 

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Quand le corps flanche (Lévothyrox)

Hello à tous,

Un article « humeur » un peu plus personnel aujourd’hui…

Que vous soyez concernés ou pas, vous avez certainement entendu parler dernièrement de l’affaire du Lévothyrox, ce médicament qui aide des milliers de malades de la Thyroïde à avoir une vie « normale ». Je dis « normale » avec des guillemets car il n’en est rien, c’est ce qu’on appelle une maladie auto-immune qui handicape le quotidien des gens qui en sont atteints mais qui demeure invisible. D’une personne à l’autre, les symptômes ne sont pas forcément les mêmes mais ça peut être plus ou moins problématique : perte de cheveux, intense fatigue, crampes, thermostat corporel HS, vertiges, chutes, tachycardie, insomnie ou hypersomnie, poids instable pour le même apport calorique…

Lorsqu’on est atteint d’une maladie liée à la thyroïde, on connait parfois un sentiment d’impuissante parce qu’il n’existe qu’un seul médicament et qu’il n’est pas parfait. Il y a heureusement une multitude de gens qui vivent bien avec cette pathologie et puis il y a les autres… Je vais vous raconter comment moi je le vis…

J’ai toujours eu des ennuis de santé, depuis toute petite, donc je suis habituée à vivre avec, mais ces soucis récurrents ont sans doute masqué ma maladie longtemps et je l’ai découverte sur le tard. A 21 ans, après 3 ans de Fac, alors que j’étais en BTS, j’ai connu des périodes où j’étais tellement épuisée que j’ai dû louper les cours durant plus de 3 semaines, ce qui a failli me faire perdre mon année. Mais on me disait que j’étais une feignasse, que mon cursus n’était pas pour des « petites choses fragiles ». Il y avait des jours où je tombais dans les pommes sans raison, où je n’avais même pas la force physique de me trainer aux toilettes, je tombais tout le temps, je pleurais tout le temps, de rage, de ne pas parvenir à effectuer des choses élémentaires qui régissent notre quotidien alors que ça semblait si simple pour les autres… Je me sentais nulle, inutile, et on me faisait souvent comprendre que c’était le cas… A la fin de mes études, à 23 ans, j’ai commencé à travailler de suite et les symptômes sont revenus avec le rythme intensif (je bossais 7j/7 de 10h à minuit)… Épuisée, j’ai demandé à un médecin de me prescrire des examens complets. Il a levé les yeux au ciel en disant que je m’alarmais pour rien, que mes problèmes devaient être dus à une dépression, vue que j’étais une « femme » (on apprécie au passage)…

Bref, retour d’analyses, le diagnostic tombe = Hypothyroïdie sévère, je n’avais plus d’hormones dans le corps. J’ai commencé le Lévothyrox que je dois prendre à vie. Cela m’a permis de « survivre » presque normalement. Cependant aucun médecin n’est jamais parvenu à trouver le bon dosage, JAMAIS! Je fais les montagnes russes => plus d’hormones =>trop d’hormones… avec de gros effets secondaires : crampes, douleurs articulaires, fatigue incommensurable, insomnies, prise de poids avec +25kg alors que je ne mange rien & équilibré+en faisant du sport…

A 31 ans, un autre médecin m’a prescrit un générique de mon traitement (c’était la grande mode) qui m’a conduite à l’hôpital. J’ai été prise en charge par un spécialiste (Dr House local) qui m’a potentiellement diagnostiqué un syndrome de Cushing (ça ne tue pas mais en gros, tu développes des cancers qui eux peuvent te tuer). Charmant. J’ai dû aller chercher des infos sur le web pour savoir à quoi m’en tenir tellement personne n’avait de temps pour m’expliquer ce que c’était. Finalement, je suis sortie de l’hôpital sans savoir si j’étais foutue, ou pas, car le spécialiste m’a dit que je ne l’avais pas mais que je pouvais le développer dans l’avenir car j’avais toutes les prédispositions génétiques ainsi que les premiers symptômes… Mais son constat était édifiant : « vous devez éviter toute cause de fatigue & stress qui pourraient à long terme vous tuer, donc par conséquent, il vaudrait mieux que vous cessiez de travailler ». C’est bien sympa de dire ça à une patiente (surtout quand on facture 100€ les 15 minutes) mais concrètement on fait COMMENT pour vivre sans travailler, surtout quand on sait que les pathologies « invisibles » ne sont généralement pas reconnues par la Sécurité Sociale…

Aujourd’hui j’ai 37 ans. J’ai beaucoup de difficultés au quotidien car mon job (je suis photographe & je bosse dans des concepts store spécialisés en déco), qui est physique, n’est pas adapté à mon état de santé qui se détériore et je finis régulièrement au chômage pour me reposer (ce qui n’est pas une solution)… Je suis contrainte de refuser tous les postes à responsabilité (donc intéressants mais trop stressants). Je fais donc un maximum de missions de remplacement en CDD, ce qui implique ne pas pouvoir acheter un logement, ni déménager, ni faire un crédit, ni partir en vacances, ni rien prévoir à long terme. Il faut accepter de vivre au jour le jour et en décalé car on bosse les WE, donc accepter de mettre SA VIE entre parenthèse plusieurs mois/an car il est impossible de travailler + vivre normalement à cause de la fatigue. TOUS les moments off sont réservés exclusivement au repos forcé afin d’avoir suffisamment de forces les jours de boulot.
Et puis, ne pas pouvoir réellement prétendre à un CDI, c’est handicapant, très stressant, on se pose la question quotidiennement de quel sera notre avenir professionnel et l’avenir tout cours car je ne suis pas rentière…

De plus, je n’ai jamais été matinale (c’est de famille) donc je suis naturellement plus productive le soir (voire la nuit) ce qui est difficile à concilier avec la société qui nécessite de rentrer dans un moule, même si celui-ci n’est pas adapté à notre biorythme. Ainsi, je vais être incapable d’être productive avant 10/11h, c’est une torture, mais je peux te sortir une compta annuelle entre 1h/4h du matin les doigts dans le nez (et pourtant je déteste ça à un point!!!).
Hors avec la nouvelle formule du Lévothyrox qui fait polémique, mon corps est tellement privé d’énergie, que je suis contrainte de rester allongée 12 à 15h/jour. Et encore, parfois le simple fait de m’habiller, de me maquiller et de prendre mon petit déj m’oblige à m’allonger sur mon canapé pour m’en remettre… Je suis léthargique et mes journées sont improductives à un point que tu ne peux même pas imaginer, c’est comme être prisonnière de son propre corps, comme si j’étais dans une sorte de coma conscient : mon cerveau est en ébullition constante, il souhaite faire 1000 choses à la minute (je suis plutôt speed dans la vie) mais mes muscles ne suivent pas, je suis comme paralysée. Cette dualité est tellement horrible à vivre au quotidien, mais je n’ai aucune alternative, je suis contrainte de prendre ce médicament qui m’empoisonne puisqu’il n’en existe aucun autre. Je me réjouis d’être actuellement au chômage et même si je cherche un job, je redoute le fait de devoir reprendre le rythme, comment mon corps va-t-il réagir? Je suis bien incapable d’avoir la réponse, ça me stresse beaucoup…

Ce qui m’énerve viscéralement, c’est que ces traitements qui sont indispensables à notre bien être puissent nous incommoder en toute impunité. Car, nous, les malades sommes au final de simples cobayes pour l’industrie pharmaceutique!!! Au final, notre corps ne fonctionne pas comme il le devrait mais on nous somme de nous « adapter »! Personne ne relève le plus important : nous souhaitons juste avoir une VIE et non pas devoir se contenter de survivre.
Parce qu’être soufrant c’est s’enfermer malgré nous dans un cercle vicieux : cela implique des difficultés professionnelles engendrant des impacts financiers (ce qui empêche de bien se soigner, la santé c’est chère et parfois difficilement accessible) mais aussi touche de manière plus insidieuse notre vie personnelle. Par exemple, je ne compte plus les réflexions de mon entourage sur mon « manque » d’ambitions professionnelles dans la vie alors que ce n’est pas le cas, je n’ai juste pas le CHOIX. On te fait parfois clairement remarquer que tu n’es qu’une merde, qui abuse du Système par flemme, car comme ta pathologie ne se voit pas, tu es forcément une malade imaginaire qui s’écoute un peu trop, voire une hypocondriaque…
Idem pour les « amis », combien de fois j’ai dû essuyer des réflexions blessantes du type « non mais toi on t’a pas invité à notre rando/aprem plage/ pique-nique/we/voyage parce que bon avec tes soucis et le fait que tu te lèves tard, ça sert à rien« … Heu merci mais je m’adapte aux autres, si besoin je me lève tôt, même si je mets plusieurs jours à m’en remettre, je n’ai jamais ni gêné ni embêté personne sur un horaire. Je serre les dents parfois, je souris, je suis, je m’adapte… ou alors je décline.
A force, tu finis par t’isoler, de part les autres qui ne te proposent plus rien, mais aussi par toi même parce que tu en as marre d’avoir des réflexions et que tu choisis la facilité : ne plus sortir pour ne pas être considérée comme un frein potentiel pour autrui.

Voilà, j’ai conscience que ce n’est pas très réjouissant comme discours mais c’est tellement frustrant de savoir que tant de gens sont dans le même cas que moi et qu’il n’existe encore à l’heure actuelle aucune alternative. Alors si une personne de votre entourage vous confie son mal être à cause de sa santé, soyez indulgents, parce que nous ne sommes pas tous égaux face à notre corps…

 

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