Une polémique en jaune

Une partie de la France a revêtu un nouvel habit pas très reluisant niveau modesque : je veux parler du fameux gilet jaune.

Que l’on soit pour ou contre, le moins que l’on puisse dire est que cela fait couler de l’encre.

Il y a ceux qui sont pour, ils veulent montrer leur mécontentement général en manifestant. Ce n’est d’ailleurs plus un simple ras le bol qui ressort, mais un cri commun de désespoir afin de trouver une issue à une noyade incontrôlable, englouti par un système intrépide qui broie toute une classe sociale de la population. On y retrouve des familles, des retraités, des étudiants, des célibataires smicards, des chômeurs, bref toute une catégorie de gens unis faisant partis de la classe populaire/moyenne qui ne parvient plus à vivre de leurs revenus mais uniquement à survivre dans l’expectative de pouvoir un jour s’en sortir.

Il y a ceux qui sont contre, car ils ne voient pas en quoi leur action pourra changer le système. Ils sont parfois gênés pour se déplacer et perdent le contrôle d’eux même en étant entravés malgré eux dans des blocages subis. Ils pensent aussi parfois que le changement se fait par les urnes, ce qui à mon sens est bien utopiste, car si le système démocratique pouvait tout résoudre, alors nous ne serions pas embourbés dans une telle situation ubuesque. Personnellement, cela fait des décennies que je vote CONTRE et non POUR un candidat et je suis loin d’être la seule. Toujours devoir choisir entre la peste et le choléra ne semble pas être une solution d’avenir.

Je ne parlerais pas des dégradations/casse de magasins, car les casseurs sont des connards qui profitent de chaque manifestation, depuis des décennies, pour faire parler d’eux et dérober des objets convoitables et revendables…

 

Auteur : Olivier Ortelpa

 

Ce mouvement me touche de près car je me reconnais dans de nombreuses revendications.

En effet, je n’ai pas choisi délibérément de changer de vie (même si je ne regrette rien), j’y ai été contrainte…
Tout d’abord, à cause de ma santé qui ne me permettait plus d’exercer un job à temps complet.
Hors lorsque tu as plus de 850€ de frais fixes hors nourriture et soin, comment est-ce envisageable de travailler moins sans s’endetter et risquer de finir à terme à la rue?
C’est sans compter sur le déremboursement de la Sécurité Sociale au fil du temps. Je vais parler de mon cas, je ne suis pas le centre du monde, mais mon petit doigt me dit que je ne suis pas non plus un cas isolé. J’ai une maladie thyroïdienne que les médecins ne parviennent pas à soigner. La nouvelle formule du médicament sensé me soulager m’a tellement détériorée ma santé que j’en deviens presque invalide… Mais la Sécu ne reconnait pas ma pathologie, donc pas de prise en charge à 100%, pas d’arrêt longue durée possible sur ce critère. En gros, je vis de mon chômage pour l’instant, et ensuite, si mon état ne s’améliore pas je n’aurais aucun recours, à part d’être au RSA… Si je vais mieux, je pourrais tout au plus avoir un temps partiel au SMIC ne m’offrant guère plus que le RSA… Chaque visite chez mon généraliste est facturée 32€, remboursée 4€ par la Sécu. Comme je vis loin, je paie aussi le transport (environ 30€ par consultation), soit à ma charge 58€ à chaque fois.

Lorsque je travaillais, je ne m’en sortais pas financièrement. Ça parait fou mais j’avais un pouvoir d’achat bien plus important lorsque j’étais étudiante!
Avec mon SMIC (même après 15 ans de carrière et d’expérience, en France ça ne choque personne d’être payée pareil qu’un débutant), une fois déduites toutes mes charges, il me restait 100€ pour vivre les bons mois. J’ai fait partie de ceux qui n’ont parfois plus d’argent le 15 du mois et qui vivent de découverts autorisés.
Avec le temps s’ensuit un certain découragement de bosser et de ne pouvoir rien s’offrir. Je ne parle pas du dernier iPhone ou d’un écran plat, non, plus prosaïquement cela signifie : pas de vacances, pas de loisirs, pas d’activités, pas de restos. Tu te rends vite compte qu’au final tu bosses pour rien, puisque travailler ne t’apporte rien, à part une contrainte organisationnelle quotidienne, un épuisement constant.
Que fais-tu de ton temps libre : administratif, ménage, courses, cuisine, une routine inaliénable.
Tu ressens au plus profond de toi-même que tu perds ton temps, ta vie, aspirés dans un système rouleau compresseur dont il est quasi impossible de sortir indemne.

 

Auteur : Tyseria

 

Alors tous ces gens mobilisés, je les comprends.
Je ne trouve pas les moyens employés toujours très appropriés, car bloquer des citoyens comme eux n’est pas une solution complaisante mais quelles sont les alternatives possibles?
Devoir se battre contre des CRS sur-armés, des tanks, tous les WE, à l’approche des Fêtes, ça porte préjudice aux petits commerçants, ce n’est pas envisageable à long terme.
Surtout face à un gouvernement paternaliste, un président autiste à toutes revendications et les inepties de lois pondues quotidiennement.

Comme ils le disent tous très justement, ils n’ont rien à perdre, ils ont déjà tout perdu, même l’espoir et ça c’est dangereux!

 

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2 réflexions sur “ Une polémique en jaune ”

  • 10 décembre 2018 à 22 10 17 121712
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    Pour ceux qui disaient : »ouais ça ne changera rien « . Le président va augmenter le SMIC de 100e, ce n’est pas ce que l’on demandait, mais c’est déjà ça…

    Réponse
    • 10 décembre 2018 à 22 10 21 122112
      Permalink

      Oui certes, mais pour très peu de gens concernés car ce sera de la prime d’activité (- de 30%), donc payé par l’État (CAF) donc par le peuple…
      Il ne faut pas être marié, pacsé, pas être en CDD de courte durée (- de 6 mois)… Bref, c’est du vent…

      Réponse

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