Les tribulations d’une employée corvéable – Part IV – Eshop & concepts store

Après avoir encore été jetée violemment, je ne suis pas restée inactive bien longtemps, une quinzaine de jours tout au plus.

2011 – Intégratrice de contenu pour un Eshop

Après un entretien d’embauche à l’arrache (debout au milieu d’un couloir de 2m² dans lequel circulaient non stop 10 personnes), je décrochai un CDD à temps complet renouvelable pour un site web commerçant. Premier jour (en plein été), la bonne claque : nos bureaux étaient placés dans un grenier sans fenêtres ni clim au vue de la température insoutenable qui y régnait, avec 1,2m de hauteur sous plafond entrecoupé de poutres métalliques dont mon crâne a dû garder l’empreinte… Malgré ma petite taille, il fallait ramper au sol sur plusieurs mètres pour arriver au bureau. Assise, je frôlais le plafond!

Première question de mon nouveau boss en arrivant : « vous ne préfèrerez pas être auto-entrepreneur, ça m’arrangerait bien?». Bien tenté, mais non…

Je pense que je ne serai pas restée si je n’avais pas pu négocier d’être en télétravail. Je précise que mon nouveau boss avait 3 ans de plus que moi et qu’il était toujours dans les jupes de sa maman qui venait lui faire ses papiers tous les jours…

J’y suis restée 6 mois et partie malgré moi aussi précipitamment que ce que j’y étais arrivée. Voyant arriver la fin de mon contrat, alors qu’il restait encore pas mal de travail avant d’achever ma mission, j’en fis part au boss. Il me demanda de passer à la pause déj dans son bureau.
Comme convenu, à 12h, j’attendais debout devant le bureau, mon boss, avachi sur sa chaise, les pieds sur le bureau, me fit signe d’approcher, il était au téléphone. Il racontait sa vie en griffonnant de la paperasse, puis il m’a littéralement jeté à la figure une pochette avec des papiers. J’ai d’abord cru que c’était de nouvelles instructions car j’étais en plein milieu d’une importation de nouvelle marque pour l’Eshop. Mais en ouvrant, je vis mes papiers de fin de contrat et mon chèque de solde de tout compte. Ainsi, sans un mot, sans un merci, ni même un merde, il me fit un signe de la main me signifiant que je pouvais dégager, et sans interrompre sa passionnante conversation téléphonique, j’étais priée de quitter les lieux. Comme la vague impression de n’être qu’un kleenex jetable! Je n’ai même pas eu le temps de saluer mes collègues, ni même de récupérer mes affaires…

 

2012 – Chômage / Vendeuse pour un torréfacteur

Se retrouver au chômage au moment des fêtes de fin d’année, ce n’est pas drôle et pas évident de rebondir pour trouver un autre poste durant cette période. J’ai galéré durant plus de 2 mois. Et puis un matin, une de mes amies FB a eu la présence d’esprit de poster sur son mur une offre intéressante à laquelle je me suis empressée de postuler. C’était pour une torréfaction de café. Il faut savoir que mes grands-parents étaient fabricants de café en Afrique donc c’était un peu un retour aux sources. Le patron m’a rappelé dans la foulée. Durant l’entretien, j’ai appris que celui-ci venait d’enterrer son épouse et qu’il cherchait quelqu’un de confiance pour le suppléer. Il me fallait encore apprendre un nouveau métier, de nouveaux produits, mais j’étais prête à relever le défi pour m’en sortir. Après un essai, il m’a rappelé quelques jours plus tard pour me demander les informations en vue de me préparer un contrat en CDI ! Bingo ! De plus, il me prenait au black tous les WE de mars pour me former et que je sois rapidement opérationnelle. C’était trop beau pour être vrai.


15 jours plus tard, un gros dégât des eaux chez moi engendra ma perte. J’ai eu le malheur de tomber malade après avoir pataugé pieds nus dans de l’eau gelée, une grave infection me cloua au lit plusieurs jours. Sachant que cela était préjudiciable pour mon responsable car la gérante était en congés à l’autre bout du monde, je suis tout de même venue ouvrir l’établissement seule, avec 39,5 de fièvre, des vertiges et la sensation que j’allais tomber dans les pommes à chaque instant, donc j’ai demandé à partir plus tôt au vue de mon état. Ce fut traduit comme un manque de motivation de ma part et il me signifia qu’il n’était pas sûr de son choix quand à ma candidature et qu’il ne prendrait pas le risque de m’embaucher.

Voilà comment perdre 1 mois de recherche d’emploi alors que j’étais en toute fin de droit… Tic, tac, il ne me restait plus que 19 jours pour trouver un « con » qui veuille bien de moi…

 

2012 – Responsable concept store déco cadeaux

Par chance, j’ai vu une annonce correspondant à mes compétences sur le boncoin. Le lendemain (un dimanche), un fada m’appela pour me faire un pré-entretien. Cela fait plus de 5 ans et pourtant cet appel, je ne l’oublierais jamais tellement il était effarant! Un mec lourd, posant plus de questions sur ma vie privée (limite ma vie sexuelle) que sur mon parcours professionnel. J’ai presque failli ne pas aller à l’entretien physique tellement je ne le sentais pas, mais étant en fin de droits, je n’avais pas le choix.
Bizarrement, celui-ci s’est bien déroulé, c’était un entretien groupé à 4 personnes et après 30 minutes il vint me voir et me dit « vous êtes prise, je vous ai choisie parce que vous n’avez pas de vernis à vos ongles ce qui signifie que vous serez une bonne machine de guerre et pas une chochotte». Encore aujourd’hui avec le recul, je ne sais pas comment le prendre…

Je ne vous cache pas que l’implantation d’un nouveau concept store, c’est un travail de titan. Marseille est une ville difficile à appréhender car en centre ville les marseillais n’acceptent de faire leur shopping que dans 3 rues principales. Si tu as le malheur d’être positionné à 100 mètres, il faut vraiment se démener pour faire se déplacer les gens, et ça prend du temps ! Sauf qu’une semaine après l’ouverture, big boss constatant que le CA n’était pas à la hauteur de ses attentes est devenu comme fou. Impulsif, il vira ma responsable (sans la payer). 15 jours plus tard, un ancien employé faisant office d’adjoint, à bout de nerf, muté provisoirement contre son gré pour nous aider durant l’ouverture, démissionna après s’être battu physiquement avec lui… Je fus parachutée responsable (sans le salaire qui va avec) après 10 jours sauf que j’étais seule pour un concept store ouvert 7/7 jours, 10h/jour…

Je ne vous cache pas, qu’avec le recul, c’était le poste le plus intéressant professionnellement de ma carrière. Je devais gérer le magasin, les nouvelles marques, me rendre au salon Maison & Objets à Paris pour faire des sélections, j’ai dû créer un Eshop, je gérais mon planning comme je voulais, je pouvais être en télétravail certain jour, c’était plutôt stimulant comme environnement, mais le patron était un fou furieux. Heureusement, je ne le voyais qu’une heure par semaine, mais c’était une tornade. A chaque fois, nous avions droit à ses réflexions salaces, sexistes, ses gestes déplacés et le reste du temps, il appelait toutes les 10 minutes, 10h/jour. C’était insupportable, car il nous était impossible de tenir une conversation avec quiconque, ni de nous concentrer sur une tâche sans être interrompue non stop.


J’aurais pu tenir plus longtemps en prenant sur moi s’il n’avait pas, par un beau matin, décidé sur un coup de tête de prendre… un associé… qui n’était autre qu’un escroc. J’ai beaucoup d’instinct, je l’ai cerné en moins de 5 secondes et l’escroc l’a compris de suite. Il savait que je savais et à partir de là, j’étais devenue la personne à abattre. C’était une tâche simple, à cette période j’étais partiellement en télétravail pour l’Eshop donc pas sur place pour le surveiller et me défendre. Il a fait un vrai travail de sape qui m’a valu une convocation. Par chance, je ne suis pas naïve, je ne suis plus une débutante. Je ne me laisse pas faire, j’ai plus d’un tour dans mon sac. Je parais gentille, les imbéciles me prennent parfois pour une idiote, mais si tu me cherches tu me trouves! Telle une plante carnivore, si tu ne te méfies pas, je te bouffe tout cru !!! J’avais semé de fausses révélations pour voir comment les choses allaient être répétées et je n’ai pas été déçue du résultat. Ma supercherie a pris l’escroc au dépourvu, et j’ai pris beaucoup de plaisir à démonter tous ses pseudos arguments et à le mettre « à poil » devant big boss! Du coup, je n’ai pas été licenciée, il n’est pas parvenu à se débarrasser de moi. Mais je ne souhaitais pas entrer dans une situation de conflit permanent, pour sauver mes fesses, il fallait partir et vite. Car nulle doute qu’un jour ce connard allait voler de l’argent (déjà qu’il se servait dans le stock de marchandises) et que je serai en première ligne pour en assumer les conséquences.

 

A SUIVRE…

Si vous les avez ratées :
Partie I
Partie II
Partie III

 

 

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