Une polémique en jaune

Une partie de la France a revêtu un nouvel habit pas très reluisant niveau modesque : je veux parler du fameux gilet jaune.

Que l’on soit pour ou contre, le moins que l’on puisse dire est que cela fait couler de l’encre.

 

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Il y a ceux qui sont pour, ils veulent montrer leur mécontentement général en manifestant. Ce n’est d’ailleurs plus un simple ras le bol qui ressort mais un cri commun de désespoir afin de trouver une issue à une noyade incontrôlable, englouti par un système intrépide qui broie toute une classe sociale de la population. On y retrouve des familles, des retraités, des étudiants, des célibataires smicards, des chômeurs, bref toute une catégorie de gens unis faisant partis de la classe populaire/moyenne qui ne parvient plus à vivre de leurs revenus mais uniquement à survivre dans l’expectative de pouvoir un jour s’en sortir.

Il y a ceux qui sont contre, car ils ne voient pas en quoi leur action pourra changer le système. Ils sont parfois gênés pour se déplacer et perdent le contrôle d’eux même en étant entravés malgré eux dans des blocages subis. Ils pensent aussi parfois que le changement se fait par les urnes, ce qui à mon sens est bien utopiste, car si le système démocratique pouvait tout résoudre, alors nous ne serions pas embourbés dans une telle situation ubuesque. Personnellement, cela fait des décennies que je vote CONTRE et non POUR un candidat et je suis loin d’être la seule. Toujours devoir choisir entre la peste et le choléra ne semble pas être une solution d’avenir.

Je ne parlerais pas des dégradations/casse de magasins, car les casseurs sont des connards qui profitent de chaque manifestation, depuis des décennies, pour faire parler d’eux et dérober des objets convoitables et revendables…

 

Copyright Laurent Garnier

 

Ce mouvement me touche de près car je me reconnais dans de nombreuses revendications.

En effet, je n’ai pas choisi délibérément de changer de vie (même si je ne regrette rien), j’y ai été contrainte…
Tout d’abord, à cause de ma santé qui ne me permettait plus d’exercer un job à temps complet. Hors lorsque tu as plus de 850€ de frais fixes hors nourriture et soin, comment est-ce envisageable de travailler moins sans s’endetter et risquer de finir à terme à la rue?
C’est sans compter sur le déremboursement de la Sécurité Sociale au fil du temps. Je vais parler de mon cas, je ne suis pas le centre du monde, mais mon petit doigt me dit que je ne suis pas non plus un cas isolé. J’ai une maladie thyroïdienne que les médecins ne parviennent pas à soigner. La nouvelle formule du médicament sensé me soulager m’a tellement détériorée ma santé que j’en deviens presque invalide… Mais la Sécu ne reconnait pas ma pathologie, donc pas de prise en charge à 100%, pas d’arrêt longue durée possible sur ce critère. En gros, je vis de mon chômage pour l’instant, et ensuite, si mon état ne s’améliore pas je n’aurais aucun recours, à part d’être au RSA… Si je vais mieux, je pourrais tout au plus avoir un temps partiel au SMIC ne m’offrant guère plus que le RSA… Chaque visite chez mon généraliste est facturée 32€, remboursée 4€ par la Sécu. Comme je vis loin, je paie aussi le transport (environ 30€ par consultation), soit à ma charge 58€ à chaque fois.
Lorsque je travaillais, je ne m’en sortais pas financièrement. Ça parait fou mais j’avais un pouvoir d’achat bien plus important lorsque j’étais étudiante!
Avec mon SMIC (même après 15 ans de carrière et d’expérience, en France ça ne choque personne d’être payée pareil qu’un débutant), une fois déduites toutes mes charges, il me restait 100€ pour vivre les bons mois. J’ai fait partie de ceux qui n’ont parfois plus d’argent le 15 du mois et qui vivent de découverts autorisés.
Avec le temps s’ensuit un certain découragement de bosser et de ne pouvoir rien s’offrir. Je ne parle pas du dernier iPhone ou d’un écran plat, non, plus prosaïquement cela signifie : pas de vacances, pas de loisirs, pas d’activités, pas de restos. Tu te rends vite compte qu’au final tu bosses pour rien, puisque travailler ne t’apporte rien, à part une contrainte organisationnelle quotidienne, un épuisement constant.
Que fais-tu de ton temps libre : administratif, ménage, courses, cuisine, une routine inaliénable. Tu ressens au plus profond de toi-même que tu perds ton temps, ta vie, aspirés dans un système rouleau compresseur dont il est quasi impossible de sortir indemne.

 

copyright ???

 

Alors tous ces gens mobilisés, je les comprends. Je ne trouve pas les moyens employés toujours très appropriés, car bloquer des citoyens comme eux n’est pas une solution complaisante mais quelles sont les alternatives possibles? Devoir se battre contre des CRS sur-armés, des tanks, tous les WE, à l’approche des Fêtes, ça porte préjudice aux petits commerçants, ce n’est pas envisageable à long terme.
Surtout face à un gouvernement paternaliste, un président autiste à toutes revendications et les inepties de lois pondues quotidiennement.

Comme ils le disent tous très justement, ils n’ont rien à perdre, ils ont déjà tout perdu, même l’espoir et ça c’est dangereux!

 

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L’habitat indigne

Comme vous le savez certainement si vous me suivez par ici, j’ai quitté Marseille en avril dernier après plus de 15 ans à y résider et au moins 20 de plus à vivre à proximité. Ce n’est pas par que je n’y suis plus, que je ne me sens pas concernée par ce qui s’y passe. J’ai été horrifiée d’apprendre l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne, d’autant plus que j’ai eu mes bureaux durant plus de 3 ans dans la résidence juste en face des bâtiments effondrés… Je louais un petit RDC de 7m², refait à neuf, me servant principalement de local de stockage. Je n’y travaillais pas. quotidiennement car le web et le téléphone portable ne fonctionnaient pas.

 

Photo : copyright Mathieu Carbonnier

 

Mon immeuble était très délabré malgré tous les travaux entrepris pour l’améliorer et il était surtout mitoyen d’un bâtiment frappé d’un arrêté de péril depuis des années, qui était malheureusement squatté. Avec le recul, celui-ci était en bien pire état que ceux qui sont tombés et je m’étonne qu’il soit toujours debout, malgré la pluie… Oui parce que n’oublions pas que notre maire Mr Gaudin n’a trouvé que cette excuse aberrante pour justifier un tel drame. Il ne lui est pas venu à l’idée, ne serais-ce qu’une minute, que son ingérence y était aussi pour quelque chose, au profit de quartiers plus prolifiques financièrement pour la ville… D’autant plus que la presse locale a révélé qu’une enveloppe budgétaire de plus de 186 793€ (une subvention d’état), prévue pour la rénovation d’un des immeubles effondré, n’avait jamais été utilisée!!!

 

Copyright : Jeanne Menjoulet

 

Dans ce dossier, on entend beaucoup parler de propriétaires inhumains, de marchands de sommeil, mais sachez que ce n’est pas toujours le cas. Prenons exemple sur le bâtiment que j’occupais. Il appartenait à un ami d’enfance travaillant aux Émirats. Il avait acheté ce dernier aux enchères via le web dans le but de placer de l’argent pour son avenir car son job était certes très rémunérateur, mais n’oublions pas que lorsque l’on est expatrié, on ne sait jamais pour combien de temps, tout peut s’arrêter en 24h et ne pas avoir cotisé en France vous laisse sans revenus. Il a eu la naïveté de croire ce qu’on lui a dit, n’ayant pas la possibilité de se déplacer pour constater les dégâts. Ce bâtiment appartenait à « une structure communale » qui en avait fait un logement social. On lui a présenté les choses ainsi : « le bâti est à rénover entièrement mais les rentrées d’argent sont garanties car tous les appartements sont occupés par des locataires dont la majorité du loyer est prise en charge par la CAF, donc vous avez l’assurance de toujours être payé ». Il a donc acheté en pensant faire des gros frais dans un premier temps mais avec l’assurance d’une rentabilité à long terme.

 

Ruelle privative du Domaine Ventre
Copyright Marsactu

 

Bien entendu, la réalité fut toute autre… Rien que pour mon local de 7m², la rénovation a coûté 6000€!!! Alors je vous laisse imaginer pour le reste. Il a tout fait refaire à neuf par des professionnels, tout, du sol au plafond. Au bout d’un mois, j’ai constaté des dégâts des eaux récurrents dans le couloir et les fils du compteur électrique général arrachés (tout neufs).
Après enquête, nous avons pu constater que l’eau provenait des toilettes du locataire du 1er qui jetait sa serpillère aux chiottes lorsqu’elle était sale… Bouchant les évacuations par la même occasion. On lui en a parlé mais ça n’avait guère l’air de l’intéresser.
Les fils, c’était les squatteurs de l’immeuble d’à côté qui venaient se brancher illégalement, au risque d’électrocuter tout le monde… Inutile de vous préciser qu’à force de devoir payer plus cher en travaux de réparation tous les mois que d’argent encaissé, ce placement financier est devenu un gouffre. Si cela en était resté là, mais les squatteurs sont parvenus à occuper des appartements inoccupés entre 2 locataires, dégradant tout ce qui avait été entrepris. En l’espace de quelques mois, les peintures étaient à refaire, le carrelage arraché, les fils électriques à nu partout, les rats s’étaient invités au vue des tonnes d’ordures jonchant le sol. Bref, cet immeuble était à la limite de l’arrêté de péril, alors qu’il avait un propriétaire investi, mais désespéré par la situation, et financièrement démuni face à l’ampleur de la tâche lui incombant.
Il a tenté de faire installer des portes blindées pour palier au problème mais ils ont arraché les volets et fenêtres pour passer par la façade. Tout ça pourquoi? Parce qu’une municipalité n’a pas su intervenir à temps en murant le bâtiment voisin, d’autant plus que tout le monde était au courant de ce qu’il s’y passait et de la dangerosité de la situation.

 

Alors je comprends très bien que des pauvres gens à la rue puissent vouloir se loger à tout prix, mais pourquoi tout dégrader, ce n’est l’intérêt de personne?

Outre le drame survenu, ayant coûté la vie de 8 personnes, ce qui me choque le plus, c’est l’insouciance de la mairie dans la gestion de ce dossier. À ben maintenant que le pire est survenu, on prend des mesures drastiques mettant des centaines de gens à la rue et surtout on les prive de leur vie. Presque personne ne parle dans les médias du drame vécu par les voisins du n°39, ayant eu 15 minutes pour évacuer leur domicile sans savoir qu’ils ne pourraient jamais y revenir!!! Certains étaient en chaussons et pyjama, ils n’ont plus ni vêtements, ni papiers d’identité, plus leur traitement (comme cette dame souffrant d’un cancer). Les enfants n’ont plus de doudous, ni leurs affaires scolaires. Mais on ne les plaint pas car ils sont en vie. Leur immeuble a été détruit par les secours pour accéder aux gravats, enterrant toutes leurs affaires en quelques minutes. Ces débris ont été évacués nonchalamment, puis jetés sur la voie publique, au milieu d’un rond point en bout de ville, comme une décharge à ciel ouvert accessible par n’importe qui… Et le pire, les assurances ne peuvent rien entreprendre sans documents officiels que la mairie ne se foule pas à délivrer, donc zéro indemnité pour eux!!! Il risque d’en être de même pour les habitants des N°2, 4, 6, 41 au 59, et bien d’autres…
Sans compter les commerçants qui ne peuvent plus exploiter leur local, comme ma copine Emmanuelle de Seconde Vie au 4 rue Pythéas, qui relançait la mairie depuis 2 ans face à l’ampleur des fissures sur sa façade!!!

En l’espace de quelques jours, plus de 1000 personnes ont été déplacées et ce n’est pas fini! La mairie paie une nuit d’hôtel puis passe le relais aux propriétaires, faisant souvent la sourde oreille, laissant sans ressource et dans la rue des familles entières traumatisées. On peut lire des exemples accablants quotidiennement, comme cette dame partie un après-midi trouvant son immeuble évacué le soir, la serrure changée, aucun affichage, aucune information, et une municipalité partie en WE donc injoignable. Elle a été découverte par des voisins, en état de choc sur le trottoir… Ou bien encore ce jeune homme de 19 ans, ayant trouvé refuge entre la rue de Rome et la Canebière, orphelin, sans famille, sans revenus, choqué de s’être retrouvé à dormir dehors en l’espace de 24h… Que dire de la Maison des Associations, lieu choisi pour offrir un repas chaud aux familles déplacées, qui vient d’être fermée car le bâtiment risque de s’effondrer lui aussi.

Ce n’est plus un seul quartier qui est touché en son cœur, mais le centre-ville entier qui semble s’effondrer suite à l’incurie de son équipe municipale, privilégiant la construction de musées prestigieux démesurément vides, de centres commerciaux asphyxiant le commerce de proximité, ou d’hôtels de luxe trouvant difficilement sa clientèle. Laissant ses façades tomber en lambeaux sur des rues parsemées de trous béants et jonchées d’ordures…

 

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Les reventes de collab, jusqu’où va l’indécence?

J’ai envie de partager avec vous un gros coup de gueule sur la collection HMxMOSCHINO.

A moins de vivre dans une caverne, vous ne pouvez pas ignorer la sortie d’une énième collaboration entre le géant H&M et la marque emblématique Moschino (by Jeremy SCOTT) jeudi dernier. Une collection présente uniquement dans 5 boutiques en France (et sur un Eshop qui plante dès 10h01) . Je ne vais pas revenir sur le sujet, que j’avais déjà abordé précédemment, comme quoi il était fort regrettable de faire des collaborations pour que seule une élite puisse y accéder ; une tendance qui ne cesse de s’accroître avec les années, où de moins en moins de magasins participent à l’opération commerciale, sans compter des tarifs prohibitifs qui explosent exponentiellement avec la notoriété de créateurs qui, à mon sens, ne le valent pas toujours…
Je ne reviendrais pas non plus sur le côté « importable » de ladite collection, même si j’aime le bling bling, car après tout, il faut de tout pour faire un monde…

 

 

Ce qui n’horripile, c’est l’indécence des tarifs pratiqués à la revente sur des sites spécialisés en seconde main qui frôlent souvent les +300%!!!

Déjà, à la base, rien que l’idée que des personnes aient l’idée de se battre dans un magasin, après parfois une nuit d’attente sur le trottoir, pour rafler un maximum de pièces hors de prix, qui laissent leur SMIC en caisse avec l’idée saugrenue que ça pourrait potentiellement leur rapporter du pognon, ça me laisse sur le cul. On dirait que les gens deviennent fous rien qu’à l’idée de pouvoir posséder une pièce de créateur, qui rappelons-le ne l’est pas vraiment.
Certes, la pièce est designée par un couturier renommé mais la fabrication demeure du banal made un China/Bangladesh H&M et ça c’est tout sauf d’idée que je me fais du luxe !!!

 


Allo, allo, secouez-vous, il faut cesser de dépenser un bras dans une pièce à la qualité médiocre alors que l’on peut s’offrir du vrai pour moins de 100€! (exemple ici sur Vinted, 49€ le sac)

Du vrai, à tarif correct…

 

Le luxe, ce n’est pas juste une signature d’une pièce par un créateur, c’est la qualité des matériaux sélectionnés, le savoir-faire des petites mains, l’unicité de sa conception, parfois aussi l’éthique de la marque, pas qu’un simple monogramme.

 

On en vient au paroxysme qu’il apparaît presque comme normal de payer plus cher une collaboration éphémère bas de gamme par rapport à une pièce authentique de la marque.

 

Je constate avec effroi que la ceinture emblématique avec le nom de la marque s’affiche à la revente à plus de 200€ pour du H&M alors que j’en vois des vintages à partir de 40€!

 

 

Sinon, elle vous a plu, vous, cette collab? Qu’en avez-vous pensé ???

 

 

 

 

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