Ce bruit assourdissant qui me tétanise

Bonjour, bonjour,

J’ai eu envie de prendre mon clavier pour vous faire part de réflexions que je me suis faites en voyant l’actualité cette semaine…

Je ne sais pas si vous avez vu, mais des députés se sont prononcés pour la suppression de certaines lignes intérieures aériennes, pour résumer, toutes celles pouvant être remplacées par un trajet équivalent en train, dans un délai similaire, sans correspondance (soit trajet en avion + 2h30). Soit disant pour des questions écologiques.
Cette proposition fait partie des amendements à la Loi d’orientation des mobilités, examinée à l’Assemblée Nationale.

Je ne vais pas vous dire si je suis pour ou contre cette idée, d’autant plus que je ne voyage jamais en avion en France donc je ne me sens pas vraiment concernée par le sujet. Ce qui me gêne par contre, c’est cette sensation qu’au fil des jours, des semaines, des mois, suite à des décisions incongrues prises le plus souvent par des gens vivant dans un monde parallèle,
on me prive d’une liberté : celle d’avoir le choix.
Oui, les courts trajets en avion polluent, c’est un fait, mais infiniment moins que les gros bateaux de croisière et là bizarrement ça ne pose pas de soucis environnementaux.
Ben non, voyez-vous, les croisiéristes consomment, ça rapporte beaucoup d’argent…
Pourtant, les Ports de Marseille & Toulon viennent de recevoir le triste palmarès de Ports les plus pollués d’Europe!

Je ne peux donc m’empêcher de penser que si ces lignes sont dans la ligne de mire des politiques, c’est aussi parce que cela arrange tout le monde qu’elles disparaissent (un article intéressant à ce sujet ici). Elles ne sont pas financièrement rentables. Souvent utilisées par quelques hommes d’affaires se déplaçant à la journée ou servant de correspondance, elles ne sont pas stratégiques.
Mais il serait mal vu que les compagnies aériennes les suppriment, ce serait donc tellement plus confortables qu’une loi le fasse pour elles…
Et plus pratique pour justifier un licenciement de masse (une suppression de 465 postes est déjà évoquée rien que pour Air France), sans avoir les syndicats sur le dos, voire une Grève…

 

Image par Sasin Tipchai de Pixabay

 

D’autant plus que cette réflexion arrive stratégiquement pile au même moment où la SNCF supprime des lignes secondaires.
N’ayant pas encore la possibilité de faire jouer la concurrence, le passager va se retrouver confronté à une impossibilité de choisir, ni en terme d’horaire et encore moins niveau tarifaire.
Car, autre tabou, il est parfois bien plus intéressant financièrement de prendre l’avion que le train. Selon les destinations, il en va du simple au triple!
Qui seront les vaches à lait : vous, moi, nous, mais pas eux. Pas ceux qui prennent ces décisions qui se déplacent avec un chauffeur ou un jet privé, la plupart du temps à nos frais.

Parce que l’écologie, elle a bon dos quand cela les arrange!
Lorsque l’on veut faire passer une mesure contestable, elle devient plus objective sous couvert de respect de l’environnement!

Bizarrement, la même semaine, Monsanto a appris une bien bonne nouvelle, il va pouvoir nous refiler sa merde de Glyphosate durant une durée indéterminée (à moins qu’on crève tous avant) car le gouvernement a fait marche arrière quant à sa suppression prévue sous 5 ans… Ce ne sera « pas possible« , « pas réalisable« , cela « impacterait trop l’économie« , sans autre forme de procès on enterre le projet mais on nous rassure en disant que l’on « n’a pas la certitude absolue que cela soit cancérigène« !!! Vraiment??? Ravie de l’apprendre, mais pour qui nous prend-on?

 

Image par Barrie Taylor de Pixabay

 

Dans un autre registre, dans ma région classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, on nous serine sur nos déchets, on nous interdit de faire des feux, on nous incite à moins nous déplacer, pour respecter l’environnement. Ok, je suis d’accord, mais alors pourquoi avoir autorisé les avions de l’armée à s’entraîner QUOTIDIENNEMENT, jusqu’à 3 heures par jour, dans une amplitude horaire de 9h à minuit, au dessus de nos têtes? Le kérosène, ça ne pollue pas? Le bruit et les nuisances que cela engendre ne sont-elles pas encore plus préjudiciables pour la population que le reste? Pour rappel, le Rafale brûle autour de 110 litres/min de carburant lorsque l’on pousse ses moteurs à fond (350 litres/min lorsque la postcombustion est enclenchée).
Ah, oui, ce carburant ne sera finalement pas taxé, ça ne doit donc pas coûté cher LOL! Pardon, c’est vrai, c’est payé par nos impôts donc ça ne leur coûte rien…

En attendant, à chaque passage au dessus de ma tête, le bruit assourdissant me tétanise… mes murs tremblent… c’est insupportable!!!
Je ne parle même pas des fois où ils franchissent le mur du son, cette sensation bizarre de fin du monde qui te fait frôler la folie.
Franchement, habiter la campagne, en pleine forêt, pour avoir finalement plus de bruit et de pollution qu’en ville, n’est-ce pas là une aberration???

 

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La qualité, est-ce une question de prix?

A l’heure d’une certaine remise en question quant à notre consommation vestimentaire, j’entends de plus en plus de filles dire privilégier dorénavant la qualité à la quantité. On effectue moins d’achats frénétiques en fast fashion au profit de marques plus « éthiques », avec comme objectif suprême, le made in France. Est-ce un simple effet de mode ou une réelle prise de conscience que notre société de consommation nous mène droit dans le mur? Je l’espère, mais parfois j’en doute…

On peut se poser la question : qu’est-ce que la qualité aujourd’hui?
En effet, de nombreuses entreprises ayant vu la tendance arriver se targuent de redorer leurs blasons de diverses manières, prônant l’éco-responsabilité à toutes les sauces..

  • Pub sur le fait qu’une partie de leur production soit locale (le fil à coudre peut-être?).
  • Perdre le client en martelant « conception française« , ce qui ne signifie pas que la réalisation le soit aussi.
  • Changement de nom (ni vu, ni connu).
  • Étiquetage de labels BIO, EOKO-TEX et tutti quanti (sans traçabilité fiable).
  • Justifiant leur production « RPC » par la promesse d’une pseudo éthique dans leurs usines auprès des ouvrières, sorties de la misère grâce à leur honorable aide (LOL),
    et en profitent pour royalement gonfler leurs tarifs.Après tout, si le client veut de la qualité, il doit être prêt aussi, en contre-partie, à mettre la main au portefeuille.
    Du côté du consommateur, il y a aussi l’idée sous-jacente selon laquelle un produit cher est forcément qualitatif…
    Malheureusement, ce qui était le cas du temps de nos grands-mères ne l’est plus à l’heure actuelle.

 

Auteur : Khiemmoshe

 

Il n’y a qu’à regarder les marques qui ont la côté auprès de la blogosphère : Maje, Claudie Pierlot, Sézane, Des petits Hauts, Sandro, des marques dites « milieu de gamme » bien trop onéreuses… pour du « made in China ». Leurs forces ne résident pas vraiment dans la qualité de leurs produits mais dans le marketing, la volonté de fédérer un communauté autour de la marque, comme un signe d’appartenance à un clan. Pourtant, en fouillant un peu sur le net, de nombreux témoignages émanent de la clientèle, parfois déçue d’avoir mis le prix dans un vêtement qui ne le vaut pas (déchirure des tissus, bouloches sur les pulls, rétrécissement au lavage auquel on ne peut pas protester puisque les étiquettes préconisent le lavage en pressing, même sur des tee-shirts en coton)… Je ne saurais que vous recommander la lecture de cet article très intéressant sur le manque d’éthique de ces marques.

Pire que cela, passant beaucoup trop de temps sur les réseaux sociaux, je ne peux que constater que la tendance touche malheureusement le monde très fermé du LUXE.
Chaussures à 590€ qui cassent au bout de 2 utilisations, sacs à 2000€ dont les cuirs se tachent de manière indélébile après juste une sortie sous le crachin, et un service client hautain qui reste de marbre face à toute ces déconvenues purement matérielles, ne pouvant être dues qu’à une mauvaise utilisation de la part du consommateur ignorant. Mais bon, la redondance des témoignages de ces personnes ayant voulu s’offrir un article haut de gamme une fois dans leur vie, et tombant de haut, ne peuvent plus prêter à confusion. Il n’y a pas que des mauvaises utilisations, il y a un déclin qualitatif inexplicable au vue des tarifs prohibitifs pratiqués dans la filière, d’autant plus qu’ils ne cessent d’augmenter.

 

Auteur : Terri Cnudde

Le tarif pratiqué par les marques, aussi haut de gamme soient-elles, n’est donc plus une garantie qu’un article va durer dans le temps.
Au final, on paie une griffe (appartenance au clan, tout ça, tout ça), un design original (souvent copié par AliExpress), un couturier reconnu et rien d’autre.

A présent, mieux vaut donc privilégier le seconde main pour les articles onéreux, c’est triste à constater, mais cela permet de les payer au juste prix.
Si l’on veut vraiment se targuer d’avoir une consommation éthique, privilégions les petits créateurs locaux, quitte à scruter les ventes privées pour pouvoir se les offrir occasionnellement.

 

 

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L’engagement associatif dans le monde du travail

Hello, hello,

C’est ma copine Juju qui m’a inspirée cet article. Un soir, au retour d’un entretien d’embauche, elle m’a envoyé un message plein de désespoir car l’employeur qu’elle avait rencontré était très dubitatif sur le fait qu’elle puisse concilier une activité professionnelle à temps plein et faire du bénévolat durant son temps libre. J’avoue que c’est une thématique qui me touche particulièrement, car après plus de 20 ans d’engagement associatif, je n’ai été que trop souvent confrontée au même soucis, voire pénalisée…

 

Déjà, je trouve ce type de remarque idiote en entretien. Et pourquoi pas demander carrément si notre vie personnelle ne pourrait pas nuire à l’activité de l’entreprise? Ne devrions-nous pas alors tout sacrifier à notre employeur, tout cela pour un SMIC minable et la possibilité d’être éjectée du jour au lendemain parce qu’on a pris un arrêt maladie de 48h pour une grippe carabinée après X ans de servitude? Vue la valeur que beaucoup d’employeurs accordent à leurs employés à l’heure actuelle, l’engagement associatif devient la seule ligne pérenne sur un CV.

De plus, je déplore le fait que le travail associatif, étant effectué bénévolement, donc sans notion de rémunération, ne soit pas considéré comme un savoir-faire.
Sous le prétexte fallacieux qu’il n’y a pas de valeur tarifaire dans l’exécution des tâches, de nombreux employeurs balaient dédaigneusement cette ligne sur votre CV.
Exemple : lors d’un entretien pour un poste de cadre pour lequel je devais superviser 2 personnes, on m’a demandé de citer une expérience professionnelle pouvant justifier du fait que je sache le concrétiser. J’étais fière de pouvoir expliquer que, depuis 5 ans, je manageais quotidiennement une équipe de 10 photographes bénévoles sur le terrain pour remplir une commande d’État. Si vous aviez vu la tête du type en face de moi qui a répliqué en disant : « et sinon, qu’avez-vous fait dans votre VRAIE vie professionnelle???« . J’avais envie de lui mettre une paire de baffes. Je pense que si j’ai été capable de gérer mon équipe, tout en étant salariée à temps complet en parallèle, sans ne jamais avoir failli à une échéance en 5 ans, c’est que je suis capable de le faire pour un employeur avec 5 fois moins de personnes à gérer, non?

Ainsi, l’expérience que j’ai acquise à la sueur de mon front au fil du temps n’est non seulement pas valorisable, mais en plus, elle peut me porter préjudice à l’obtention d’un poste.
Oui, parce qu’un employeur souhaite avant tout une personne entièrement disponible et corvéable. Un autre engagement, quel qu’il soit, fait peur.
Ma candidature n’est donc pas qualifiable selon le type de poste désiré.
Pire, récemment, un poste de saisonnier m’est passé sous le nez car j’ai précisé en entretien avoir un engagement associatif!!! On parle d’un simple CDD de 7 semaines, pas du Graal!
Comme s’il fallait cesser de vivre pour avoir le droit de travailler! Je ne m’y résoudrais pas. Je fais du bénévolat depuis mes 18 ans et c’est important pour moi de pouvoir continuer mener à bien des projets pour autrui sans avoir à m’en justifier.

 

Je trouve que la notion de « travail« , dans notre société actuelle, est dénuée de sens.
Étymologiquement, effectuer un travail se résume à l’accomplissement d’une tâche, cela n’enduit en rien de recevoir une gratification en contre-partie.
Ainsi, faire le ménage, jardiner, s’occuper de ses enfants, c’est aussi un travail, qui est fondamental à notre existence, bien qu’il ne soit socialement absolument pas reconnu…

TRAVAIL = RÉMUNÉRATION || PAS DE RÉMUNÉRATION = LOISIR

C’est une simplification qui m’agace.
D’ailleurs, tous les gens exerçant un métier artistique y sont confrontés un jour ou l’autre. « Tu me fais un logo gratos, je le mets sur mon site pour te faire de la pub ».
Comme tu aimes ton job, c’est une satisfaction de créer donc si tu te fais plaisir en bossant, c’est un peu le rabaisser au rang de loisir… donc je n’ai pas besoin de te payer pour ça…
Lorsque j’étais photographe, j’étais toujours invitée aux mariages, même de gens que je ne connaissais pas plus que ça… pour exercer mon job… gratuitement. Je vous parle d’un temps où le numérique était à ses balbutiements et où une pellicule coûtait 5€, un développement film 5€, une planche contact 10€ et les tirages 15€ (en low coast), multiplié par 10 films/jour en moyenne,  cela avait un coût non négligeable. Des prestations vendues par des professionnels entre 500/1500€, de quoi faire une sacrée économie sur son budget mariage.
Autant on peut être ravi de l’offrir à des amis proches, mais c’est un choix qui doit demeurer de notre ressort et ne pas être induit par une invitation bidon.

Bref, j’espère qu’un jour les mentalités changeront parce que ce n’est pas normal qu’une activité non rémunérée soit considérée par le corps professionnel comme un handicap.
C’est d’autant plus abjecte que le travail bénévole apparait obligatoirement dans une comptabilité associative (contributions volontaires en nature/ alinéa 86 pour les spécialistes) comme un don de main d’œuvre qui doit être chiffré monétairement. Effectuer une action bénévolement ne signifie pas de le faire n’importe comment sous prétexte que l’on n’est pas rémunéré pour. On y met souvent tout son cœur, en plus de son savoir-faire. Dans une asso, on apprend des autres, on partage son savoir, on exécute des tâches, on se réunit, on en fait des compte-rendus, on s’envoie des mails informatifs, on budgétise, on réalise des projets communs, bref ni plus ni moins que ce que l’on exécute quotidiennement dans une entreprise, alors pourquoi accorder plus d’importance à un statut plutôt qu’à un autre…

 

 

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