Boxer du bon côté du ring

Pour ceux qui ne me connaissent pas, la polémique ne me fait pas peur, d’où cet article humeur qui pourra choquer certain(e)s d’entre vous, je m’en excuse par avance, mais je n’apprécie guère que l’on me dicte ma conduite…

L’autre jour, on m’a fait la remarque que je ne devrais pas prendre position pour les Gilets Jaunes car tout bon citoyen « devrait » soutenir les forces de l’ordre.
Navrée mais dans le contexte actuel, je ne me sens pas légitime à soutenir des personnes qui acceptent d’être rémunérés pour en blesser d’autres.

 

 

Je suis quelqu’un de plutôt pacifiste, mais on m’a appris très jeune à ne pas tendre l’autre joue si je devais recevoir un coup mais à le rendre plus fort.

Je suis assez outrée de constater que, dans le pays des droits de l’homme, chaque manifestation ces dernières semaines, laisse des hommes et des femmes handicapés pour le restant de leurs jours. Et par dessus tout, que cela soit fait en toute « légalité »!!!

Les grands Médias, ceux du CAC40, mentent, ou plutôt omettent d’en parler ouvertement, comme pour en faire de banales singularités. Ainsi, nous avons vu dès le 17 novembre, un bandeau annonçant « x blessés au cours de la manifestation« , mais sans pour autant donner de détails, parce que le détail, c’est ce qui ancre dans la réalité, comme l’image, cela donne du sens. « Blessé« , ce mot à la fois fort de sens, et qui hors contexte, ne veut plus rien dire. Je me blesse lorsque je me coupe avec une feuille de papier ou que je me tape l’orteil dans un meuble, aussi bien que dans un accident de voiture, pourtant la blessure qui en résulte n’est pas du même ordre. Le contexte annonce la gravité, ainsi, ce n’est pas le mot approprié selon moi, au vue de la sévérité des faits, on dit mutilé. « Un enfant a perdu ses doigts« , « une jeune fille a été énuclée« , cela n’a déjà plus le même impact psychologique. Cela appelle l’empathie : « ça aurait pu être moi »!
C’est donc, en quelque sorte, une information insidieusement silencieuse dans la mesure où, étant tabou, il faut aller la chercher. Il faut fouiller les tréfonds du web pour y avoir accès. Cela nécessite donc de prendre le temps de s’informer, de savoir faire le tri entre les fakes news et la réalité, ce n’est pas à la portée de tous. J’en discutais encore l’autre jour au cours d’un dîner animé avec mon oncle qui frôle les 80 ans et qui pense naïvement que tout ce qui est dit aux infos est vrai!!!
Bien entendu, je ne cautionnerais jamais la violence envers les journalistes mais il faut reconnaître que certains, étant dépourvus d’éthique, ont sali la profession. Cela me touche profondément car cela demeure mon métier de cœur (photographe de presse). Néanmoins, il faut savoir que la plupart de ceux qui sont envoyés sur le terrain sont des pigistes (sous-payés & précaires) n’ayant aucun pouvoir de décision en rédaction (donc pas responsables de la manipulation de l’info à laquelle on assiste ouvertement à chaque JT).

Aujourd’hui, plus d’une centaine de personnes ont vu leurs vies basculer (voir l’article de Libé) dont 14 énucléés, 5 mains arrachées, des fractures par dizaine, des hémorragies cérébrales peut-être irréversibles. Sans compter les victimes collatérales, comme la mamie marseillaise touchée au visage par une grenade, chez elle, qui décéda à l’hôpital, ou ce jeune homme de 15 ans parti faire des courses avec sa maman, blessé à la tête…

Comment peut-on affirmer être en démocratie et autoriser l’utilisation d’armes de guerre sur une population tentant de faire valoir ses droits ?
Comment peut-on se regarder dans un miroir le soir en sachant que l’on a blessé gravement son semblable?

J’avoue que j’ai regardé les images du boxeur avec admiration !!! Oui de l’admiration c’est le mot le plus juste.
Le voir bondir pour défendre les manifestants désarmés, démunis, piégés, encerclés, gazés, apeurés, j’aurai voulu être en mesure d’en faire autant. Chacun de ses coups étaient légitimes à mes yeux, faire reculer l’ennemi, c’est ce que l’on apprend à faire à chaque combattant en temps de guerre!
Parce que oui, c’est révoltant à dire mais la police se comporte comme une milice, elle a failli dans sa mission républicaine : protéger ses concitoyens. Appelés étymologiquement les gardiens de la paix, quel terme devenu abjecte à utiliser alors qu’ils sont devenus les sentinelles de la répression.

Qu’il y ait des éléments perturbateurs en marge des manifestations, c’est un fait. Que des casseurs saisissent l’opportunité de faire profit d’un rassemblement et de voler des commerçants, ce n’est malheureusement pas nouveau, cela est même récurrent (vous vous souvenez de la coupe du monde au passage ?). Mais cela est toléré, pire ces gens là sont tous bien connus des services de police, qui sont invités à fermer les yeux. Pourquoi? C’est toujours utile d’avoir des éléments perturbateurs sous la main pour légitimer la répression offensive des forces de l’ordre et décrédibiliser un mouvement social.

 

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De l’amour à la haine

Je voulais aborder un sujet avec vous qui n’est pas très gai mais auquel nous pouvons tous être confrontés un jour ou l’autre au cours de notre existence : la détérioration des sentiments. Qu’ils soient amoureux , familiaux ou amicaux, c’est aussi complexe à gérer que douloureux à vivre.

Voyez-vous, suite à mon déménagement en Ardèche, j’ai été contrainte de retourner vivre chez mes parents durant quelques mois car les travaux ont pris beaucoup de retard et ma courte location temporaire de 3 mois n’a pas été suffisante pour palier aux impératifs. Je ne vous cache pas, qu’à mon âge, c’est très compliqué de subir une cohabitation, d’autant plus que, dans mon cas, elle est particulièrement difficile car il y a tellement d’interdits/obligations dans la maison de ma mère que cela ressemble plus à une prison qu’à un foyer… Limite pour se faire un thé il faut demander une dérogation en 3 exemplaires… D’où ma présence sporadique par ici ces derniers mois, il m’est très difficile d’écrire car pour cela il faut du calme et avoir l’autorisation de sortir le PC plus de 10 minutes consécutives sans avoir quelqu’un qui vous hurle « si t’as rien d’autre à foutre je vais te trouver une activité« …
Inutile de préciser que non, bloguer n’en est pas une, ça ne rapporte pas d’argent, donc pour ma mère c’est aussi futile qu’inutile.

Je suis partie assez jeune de chez mes parents car je n’ai été que trop confrontée à la violence et je ne m’y sentais pas à ma place, telle une pièce rapportée qui dérange. J’ai toujours été très indépendante ; j’aime par dessus tout la solitude. J’ai besoin de vivre en paix, sans confrontation constante. Ce n’est hélas pas la même chose dans tous les foyers. J’ai assisté durant des années au déclin du couple formé par mes parents. Ce n’est pas quelque chose d’aisé de servir d’arbitre et de devoir être confrontée à prendre position alors qu’on aimerait ne pas avoir à s’en mêler.

 

 

Lorsque j’étais enfant, ils étaient assez fusionnels, au point de ne pas avoir ma place parmi eux. Je ne suis jamais partie en vacances avec mes parents, je n’ai jamais été au cinéma, ni au musée avec eux, rien, aucun bon souvenir ne nous lie.

Puis les disputes furent quotidiennes, pour des broutilles. Sans surprise, elles ont laissé place à la violence… Verbale dans un premier temps, puis physique. Les coups pleuvaient des deux côtés, les objets volaient. Si je ne parvenais pas à m’en extraire alors je devenais malgré moi le punching-ball de leurs frustrations personnelles refoulées. Alors j’ai fuis, par survie, tout en sachant que mon absence ne réglerait en rien leur quotidien, ponctué d’appels à la gendarmerie, de dépôt de plainte et de séjours aux urgences. Je pense pouvoir dire sans honte que j’ai rêvé qu’ils divorcent, mais la séparation n’a jamais été envisagée car je crois que malgré la haine profonde qu’ils se portent, ils sont incapables de vivre autrement.

 

C’est très déstabilisant de voir qu’un amour passionné puisse se transformer en dégoût de l’autre avec le temps. Ainsi les années ont passée mais leurs habitudes n’ont immuablement pas changées. Aujourd’hui encore, il est impossible de prendre un repas sereinement sans entendre des noms d’oiseaux, de voir des objets voler et des mains se lever. Et le pire dans tout ça, c’est qu’en étant adulte maintenant, mes parents attendent de moi que je prenne position alors que ce n’est pas mon rôle. Être témoin est déjà suffisamment éprouvant comme ça, toute mon énergie y passe à temporiser, il faudrait que je parvienne encore à argumenter. Je n’en ai ni l’envie ni la force. Surtout que les tords sont partagés.

Mon père est plutôt fermé, c’est impossible de parler avec lui, il s’occupe de toute l’intendance sans jamais dire lorsque cela ne va pas, demander de l’aide étant un signe de faiblesse.
Ma mère est une égoïste se comportant en princesse, n’ayant aucun sens des priorités ni des responsabilités, elle est capricieuse et attend des autres qu’ils soient entièrement dévoués à sa personne. Se sentant dévalorisée par sa position de femme au foyer, elle s’est réfugiée dans le ménage intensif, se rendant esclave de sa maison, temporisant son quotidien aux tâches ingrates et ne s’accordant aucun répit récréatif. Pas de visites d’amis, ça salit ; pas de jeux, ça dérange ; pas de cuisine récréative, ça contraint à ré-nettoyer. Ainsi sa maison est devenue un carcan végétatif, un cercueil, un musée immuable dans lequel la vie n’a pas sa place. En vieillissant, ne parvenant plus à faire face, elle contraint son entourage à prendre le relais, puis elle se plaint de sa vie minable dont la faute ne peut être qu’imputable aux autres…
Ce n’est pas ma vision des choses. Personne n’a une vie parfaite. On vit des moments exceptionnels, ponctués de périodes plus ou moins difficiles, mais quoi qu’il en soit, on demeure acteur de sa vie. Attendre de son entourage une solution à tout n’est pas pertinent en soi. Hors comment parvenir à raisonner des gens qui n’ont pas les mêmes positionnements que les vôtres?

 

 

De l’amour à la haine, la frontière est si mince. Se dire que ce qu’on a admiré un temps chez l’autre est la chose que l’on déteste le plus par la suite est déstabilisant, improductif, voire destructeur. Qui peut raisonnablement dire qu’il n’a jamais été déçu par une personne à qui on a tout donné et qui un beau jour, alors qu’on ne s’y attend pas, jette son fiel sur vous sans autre procès? Les relations entre les individus sont extrêmement complexes au cours d’une vie mais on s’attend à ce qu’au moins le lien familial soit un pilier fondamentalement structurel qui nous construit, nous aide à avancer, comment procède-t-on lorsque c’est une base à laquelle on n’a pas pu prétendre?

 

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Ces traditions qui se perdent

S’il y a une tradition que j’ai toujours respectée, c’est d’envoyer mes vœux. Je ne vous parle pas d’un banal SMS/post FB envoyé en vrac à tout notre annuaire, mais d’une vraie carte, personnalisée, envoyée par la Poste. Je trouve que c’est assez essentiel pour conserver le contact avec une personne au fil du temps qui passe, cela créé un lien. On est toujours content d’en recevoir une, car cela prouve que la personne a pensé à vous. On les garde, on les range, puis on les retrouve, on les relis, on remonte sur plusieurs années et on peut voir l’évolution de nos vies respectives.

 

Seulement voilà, c’est une tradition qui se perd et ça me mine…

L’année dernière, j’avais écrit une belle carte à ma meilleure amie d’enfance avec laquelle j’ai été voisine plus de 15 ans! Je l’ai longtemps considérée comme ma sœur car on a presque été élevée ensembles. La vie nous a un peu éloignée lorsqu’elle a eu des enfants (3 aujourd’hui), le manque de temps, le tourbillon de la vie, le poids du quotidien.
Bref elle ne m’a pas répondue…

Puis, j’ai croisé quelques temps plus tard nos voisins communs, un petit couple de papi/mamie. Ils m’ont racontée qu’elle avait déménagé, changé de numéro de téléphone et qu’elle s’était plainte d’avoir perdus mes coordonnés. J’ai tendance à penser que lorsque l’on veut vraiment, on peut. Mes parents habitent toujours à côté des siens (depuis seulement 34 ans), elle y vient trois fois par semaine… J’avoue que j’étais un peu vexée par ce silence assourdissant.

Cette année, je réitère. Sachant qu’elle avait changé d’adresse, j’ai anticipé et envoyé ma carte (enfin plutôt une longue lettre) chez ses parents. Plus d’un mois et demi plus tard, silence radio.

Mes parents ont revu nos voisins communs la semaine dernière.
C’est là, qu’au détour d’une banale conversation, le petit couple de papi/mamie leur a confié qu’ils avait rencontrée ma copine dans la rue, qu’elle leur avait demandé de me préciser qu’elle avait « bien reçu ma carte » ; « de me passer le bonjour et de me souhaiter la bonne année ».
Quand mes parents m’ont fait part de cette missive, je suis tombée sur les fesses. 3 pages rédigées pour 3 mots anodins en retour.
C’est un peu méprisant, non? Manquer de temps n’excuse pas une absence de respect, une marque de politesse élémentaire?

Je veux bien que nous ayons des plannings chronophages qui nous contraignent à repousser le non urgent à plus tard, et que certaines tâches finissent inexorablement à la corbeille, faute de possibilité, mais l’entretien des relations avec les gens dont on a été proche durant la moitié de sa vie ne devrait-il pas être parmi nos priorités?

Bon, je suis consciente que je ne referais pas le monde, ni ne pourrais avoir le pouvoir de changer les gens, mais cela me peine énormément de constater que les traditions se perdent au profit du futile SMS…

Et vous, même si cela peut paraître démoder de nos jours d’écrire des lettres, prenez-vous le temps d’envoyer des cartes aux personnes auxquelles vous tenez, dîtes-moi tout???

 

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