Quand Yves Rocher prend ses clients pour des cons

Petit article humeur du dimanche soir pour dénoncer des pratiques commerciales hallucinantes de nos jours.

Avant-hier, alors que je venais de faire 15 bornes pour dénicher une Poste ouverte un vendredi après-midi (la joie d’habiter la deuxième ville de France, qu’est-ce que ce doit être en Lozère), je passe par hasard devant l’enseigne Yves Rocher. Ça tombe bien, je devais me racheter du shampooing. Je prends celui à l’hamamélis, depuis 2 ans, je l’apprécie bien car il a une composition plutôt green et laisse les cheveux tout doux.
On passera sur les techniques d’accueil « imposées par le siège » que je hais le plus au monde, celles où à peine passée la porte d’entrée tu as envie d’en ressortir illico presto parce que t’as 5 vendeuses sangsues qui te sautent dessus quasi simultanément pour « t’aider ». Je ne comprends pas qu’en 2018 cela soit encore d’actualité car travaillant dans le commerce depuis 15 ans, la plupart des enseignes en sont revenues car il a été prouvé que ce type de harcèlement fait plutôt fuir le badaud que ne provoque d’actes d’achat, mais bon, là n’est pas mon propos du jour…

Je m’approche du rayon shampooing, je le saisis machinalement, m’apprête à passer en caisse et là mon regard reste bloqué en suspend sur l’étiquette de prix : 4,50€!!! J’ai pour habitude de le payer 2,50€ voire parfois 4€ les 2 en promo. Cela fait tout de même une augmentation de 80%. S’il y a une chose qui m’énerve par dessus tout, c’est cette sensation d’être prise pour une imbécile. Je le repose et saisit l’opportunité t’interpeller la vendeuse ventouse à proximité pour avoir de plus amples explications sur une telle augmentation. Et là, elle me sort le discours commercial bidon, clairement dicté par son entreprise, récité tel un automate :
« c’est le même prix que d’habitude car avec la carte de fidélité vous bénéficiez de -50% sur ce produit toute l’année« !!!

OK, alors si je comprends bien, pour avoir l’honneur de payer mon shampooing au tarif habituel, j’ai l’obligation de détenir une carte de fidélité, relatant de mon identité complète, servant à la fois à l’enseigne à spammer ma boite mail déjà bien dodue ainsi qu’à renseigner mes habitudes de consommation, des informations souvent revendues à des tiers contre notre grès malgré la loi informatique et liberté
Si je m’y refuse, je dois accepter de payer une contre-partie équivalente à une augmentation substantielle de seulement 80% de plus. Ce procédé n’est pas sans rappeler la pratique commerciale déloyale consistant à gonfler artificiellement les prix avant une période de soldes pour vous faire croire que vous avez bénéficié d’une réduction important et c’est pénalement condamnable.
D’ailleurs, une décision de la cour d’appel de Dijon a rappelé que les programmes de fidélisation sont soumis à la réglementation afférente aux offres de réduction. Cette décision a confirmé (je cite) qu’une « réduction ne pouvait être offerte de manière permanente, même dans l’hypothèse où les personnes bénéficiaires font partie d’un programme de fidélisation. De plus, pour déterminer le montant de la réduction susceptible d’être offerte à une personne, encore convient-il de veiller au respect des dispositions afférentes à la notion de prix de référence. Ce prix s’entend habituellement au prix le plus bas effectivement pratiqué par l’annonceur pour un article« .

 

A savoir, aucune enseigne ne peut vendre à perte en France, c’est illégal. Les produits à « petits prix » sont fabriqués en grande quantité. La marque fait peu de marge dessus mais ils demeurent très rentables car ils se vendent en grande quantité et génèrent une part fixe de chiffre d’affaire, cela s’appelle en mercatique un produit d’appel.

Et je vous rassure de suite, mon shampooing n’est pas le seul concerné. En jetant un rapide coup d’oeil à des produits que j’ai déjà achetés par le passé, ils ont tous considérablement augmenté. J’en ai tellement marre d’être prise pour une bille par ce genre de marque que je pense écrire à la DGCCRF (la répression des fraudes) pour avoir leur avis sur ce cas précis. Je vous invite à ne pas hésiter à en faire autant si vous constatez qu’une enseigne que vous avez l’habitude de fréquenter augmente considérablement ses prix de vente en vous obligeant à prendre un système de fidélité pour conserver l’avantage de l’acheter au tarif habituel. Beaucoup d’enseignes n’en font qu’à leur tête se pensant plus fortes que les lois, d’ailleurs mon ex-patron s’est fait épinglé pour des cas similaires sur notre E-shop. Je peux vous garantir qu’il a vite cessé de rigoler…

 

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Froid polaire

Après un mois de janvier plutôt clément, nous voilà rattrapé par la chute brutale des températures, même dans le sud, le mistral a sévi à tel point qu’il en devenait parfois difficile d’avancer. Et hier, je n’étais pas du tout préparée psychologiquement mais il a neigé, des flocons énormes!!! Du coup, j’ai sorti l’artillerie lourde : la doudoune!
La lourde, l’épaisse, la très chaude doudoune, celle sous laquelle tu peux sortir en débardeur sans rien sentir. Bon OK, ça fait un poil mode Bibendum mais j’assume totalement son look ainsi que ses couleurs chatoyantes. Je l’ai dénichée chez H&M, dans la collection confidentielle TREND. Au départ, elle était affichée à 99€, ce qui est bien trop onéreux pour cette marque bas de gamme. J’avais dit « lorsqu’elle passera à 20€, je l’achèterais », et voilà.

Côté tenue, je n’avais pas envie de sobriété. J’ai fait claquer la couleur avec un top I Code tressé turquoise, une jupe marine EQ:IQ, un sac en cuir made in Italy bleu roi irisé et mes lunettes préférées de la marque parisienne Unofficial.
Froid polaire = sortie des bottes. Celles-ci sont parfaites, je les adore car mes mollets dodus rentrent parfaitement dedans grâce aux zips à l’arrière qui se règlent à la taille, laissant apparaître une bande strassée. Elles ont aussi été fabriquées en Italie mais je ne connais pas la marque (un logo de papillon???).

 

 

 

 

 

 

 

CRYSTILA :

  • Doudoune : H&M Trend (19,99€ au lieu de 99€)
  • Top : I Code (4,50€ – vide stock Mistigriff)
  • Collier : sans marque (5€)
  • Sac en cuir : Fame (9,90€ – promo 50%)
  • Jupe : EQ:IQ (29,99€ au lieu de 195€- Mistigriff)
  • Bottes en cuir : marque inconnue made in Italy (34,99€ – Mistigriff)
  • Lunettes : Unofficial (Solaris)

TOTAL : 104,37€ la tenue

 

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Des revenus indécents [vide-dressing]

Encore un article humeur coup de gueule, mais bon il parait que vous aimez bien quand je balance sur les coulisses de la blogosphère 🙂

Dimanche dernier, alors que je consultais IG, j’ai pu constater qu’une blogueuse connue (attention, pas une super star hein) avait procédé à du tri dans son dressing.
Jusque là, rien d’extraordinaire. Elle annonçait avoir mis en ligne sur son Tictail environ 150 pièces… J’ai voulu voir par curiosité mais le site était HS ayant reçus trop de connexions simultanées, WTF, c’est possible de se battre en ligne pour des pièces mises en vide-dressing??? Cela m’a interpellé mais je n’ai pas poursuivi mes investigations car ça ne m’intéressait pas plus que ça.

Et puis le soir, en consultant Hellocoton, j’ai revu l’article avec le lien. Par curiosité toujours (aïe quel vice), je suis allée y jeter un œil et là j’ai failli décéder!!!
Attention, asseyez-vous avant de lire la suite car vous n’y serez certainement pas plus préparés que moi.

  •  Alors déjà, il ne restait presque plus rien (6h plus tard), malgré les prix peu attractifs et les FDP faramineux (9€/article!).
  • Ensuite, j’ai voulu voir quelques pièces de plus près.
    Le choc, partie 2 …
    Exemples :
    Une veste vintage (presque sortie du bac à 1€ de Freep Star) vendue pour la modique somme de 90€…
    BO de créateur ayant été cédées quasiment au même prix que durant les soldes sur le site de la marque…
  • J’ai alors ouvert de plus en plus de fiches pour faire une estimation et puis j’ai fait un bref calcul mental… 150 pièces x tarifs entre 40/800€ pour les sacs de luxe, ça a pu faire une recette supérieure à 10 000€!!! Je n’ai pas eu le vice d’ouvrir toutes les fiches pour vous donner un chiffre exact, j’ai bien mieux à faire de mon temps libre mais j’ai été très interloquée par ce montant indicatif!

10 000 boules pour revendre des fringues reçues pour la plupart en cadeaux via des partenariats!
Ça représente plus de la moitié de mon revenu annuel pour mon petit SMIC, un CA réalisé en un dimanche après-midi et au black en plus,
parce que ça m’étonnerait bien que ces revenus là soient déclarés au fisc!
J’aurais dû être influenceuse finalement, ça m’aurait évité de me bousiller la santé pour un salaire modique.

 

Auteur : Alexas Fotos

 

Cela fait longtemps que je vois des influenceuses questionner leur lectorat afin de connaître leur ressenti vis à vis de la revente d’articles reçus en partenariat dans leur vide-dressing.
Les avis sont partagés. Il y a celles qui en sont ravies car cela leur permet de s’offrir des pièces tendances à mini prix et puis les autres, pensant que c’est une débauche de consommation, du gaspillage. Je ne me prononcerais ni pour les unes ni pour les autres, les deux parties ayant des arguments cohérents.
Mais le souci réel n’est-il pas en amont?

Pourquoi accepter de recevoir tout et n’importe quoi alors que l’on en n’a pas forcément l’utilité, est-ce juste pour acquérir une plus grande notoriété sur les RS? Il est bien évident que tout ce déballage de hauls quotidiens ne peuvent pas servir à une personne unique. Quand tu reçois 20 fringues ou crèmes par jour, comment tout porter, en profiter, prendre du plaisir à s’en servir, sans compter les ratés (mauvaises tailles, pas adaptés à sa morphologie/type de peau, pas au goût)…
Et comment parvenir à parler de tout en un temps imparti beaucoup trop court?

Pourquoi les marques continuent-elles à s’engouffrer dans cette brèche têtes baissées?
Donner des produits à une influenceuse pour communiquer, se faire connaître, s’offrir une visibilité plus étendue, une cible différente OK.
Mais est-ce toujours aussi intéressant lorsque leurs produits se retrouvent présentés à l’arrache (parce qu’il le faut bien) durant 15 secondes en IG stories, pour finir dans un vide-dressing quelques jours plus tard? Elles sont finalement complices de ce système qui part en live.

 

Les blogueuses se défendent en précisant que ces partenariats n’étant souvent pas rémunérés,
il est normal qu’elles puissent tirer une recette des ventes générées par leur vide-dressing, tout travail méritant salaire, bla bla, bla bla…
Oui je suis d’accord aussi. Je suis bien placée pour savoir à quel point bloguer est une activité chronophage.
Oui, c’est certain, impossible de payer son loyer, son électricité ou sa bouffe avec des fringues. OK.
Mais qu’en est-il des montants indécents générés par certaine vente telle que celle décrite plus haut? N’y a-t-il pas une réelle dérive?

 

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