Des revenus indécents [vide-dressing]

Encore un article humeur coup de gueule, mais bon il parait que vous aimez bien quand je balance sur les coulisses de la blogosphère 🙂

Dimanche dernier, alors que je consultais IG, j’ai pu constater qu’une blogueuse connue (attention, pas une super star hein) avait procédé à du tri dans son dressing.
Jusque là, rien d’extraordinaire. Elle annonçait avoir mis en ligne sur son Tictail environ 150 pièces… J’ai voulu voir par curiosité mais le site était HS ayant reçus trop de connexions simultanées, WTF, c’est possible de se battre en ligne pour des pièces mises en vide-dressing??? Cela m’a interpellé mais je n’ai pas poursuivi mes investigations car ça ne m’intéressait pas plus que ça.

Et puis le soir, en consultant Hellocoton, j’ai revu l’article avec le lien. Par curiosité toujours (aïe quel vice), je suis allée y jeter un œil et là j’ai failli décéder!!!
Attention, asseyez-vous avant de lire la suite car vous n’y serez certainement pas plus préparés que moi.

  •  Alors déjà, il ne restait presque plus rien (6h plus tard), malgré les prix peu attractifs et les FDP faramineux (9€/article!).
  • Ensuite, j’ai voulu voir quelques pièces de plus près.
    Le choc, partie 2 …
    Exemples :
    Une veste vintage (presque sortie du bac à 1€ de Freep Star) vendue pour la modique somme de 90€…
    BO de créateur ayant été cédées quasiment au même prix que durant les soldes sur le site de la marque…
  • J’ai alors ouvert de plus en plus de fiches pour faire une estimation et puis j’ai fait un bref calcul mental… 150 pièces x tarifs entre 40/800€ pour les sacs de luxe, ça a pu faire une recette supérieure à 10 000€!!! Je n’ai pas eu le vice d’ouvrir toutes les fiches pour vous donner un chiffre exact, j’ai bien mieux à faire de mon temps libre mais j’ai été très interloquée par ce montant indicatif!

10 000 boules pour revendre des fringues reçues pour la plupart en cadeaux via des partenariats!
Ça représente plus de la moitié de mon revenu annuel pour mon petit SMIC, un CA réalisé en un dimanche après-midi et au black en plus,
parce que ça m’étonnerait bien que ces revenus là soient déclarés au fisc!
J’aurais dû être influenceuse finalement, ça m’aurait évité de me bousiller la santé pour un salaire modique.

 

Auteur : Alexas Fotos

 

Cela fait longtemps que je vois des influenceuses questionner leur lectorat afin de connaître leur ressenti vis à vis de la revente d’articles reçus en partenariat dans leur vide-dressing.
Les avis sont partagés. Il y a celles qui en sont ravies car cela leur permet de s’offrir des pièces tendances à mini prix et puis les autres, pensant que c’est une débauche de consommation, du gaspillage. Je ne me prononcerais ni pour les unes ni pour les autres, les deux parties ayant des arguments cohérents.
Mais le souci réel n’est-il pas en amont?

Pourquoi accepter de recevoir tout et n’importe quoi alors que l’on en n’a pas forcément l’utilité, est-ce juste pour acquérir une plus grande notoriété sur les RS? Il est bien évident que tout ce déballage de hauls quotidiens ne peuvent pas servir à une personne unique. Quand tu reçois 20 fringues ou crèmes par jour, comment tout porter, en profiter, prendre du plaisir à s’en servir, sans compter les ratés (mauvaises tailles, pas adaptés à sa morphologie/type de peau, pas au goût)…
Et comment parvenir à parler de tout en un temps imparti beaucoup trop court?

Pourquoi les marques continuent-elles à s’engouffrer dans cette brèche têtes baissées?
Donner des produits à une influenceuse pour communiquer, se faire connaître, s’offrir une visibilité plus étendue, une cible différente OK.
Mais est-ce toujours aussi intéressant lorsque leurs produits se retrouvent présentés à l’arrache (parce qu’il le faut bien) durant 15 secondes en IG stories, pour finir dans un vide-dressing quelques jours plus tard? Elles sont finalement complices de ce système qui part en live.

 

Les blogueuses se défendent en précisant que ces partenariats n’étant souvent pas rémunérés,
il est normal qu’elles puissent tirer une recette des ventes générées par leur vide-dressing, tout travail méritant salaire, bla bla, bla bla…
Oui je suis d’accord aussi. Je suis bien placée pour savoir à quel point bloguer est une activité chronophage.
Oui, c’est certain, impossible de payer son loyer, son électricité ou sa bouffe avec des fringues. OK.
Mais qu’en est-il des montants indécents générés par certaine vente telle que celle décrite plus haut? N’y a-t-il pas une réelle dérive?

 

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Noir c’est noir, y a plus d’espoir

Lorsque je parcours les rues, je trouve les gens tristes, ils errent tels des fantômes, on dirait des clones, souvent vêtus de noir, cela me désespère.

Il est vrai qu’il devient de plus en plus difficile de se singulariser. Entre les grandes enseignes qui lancent des produits similaires saison après saison, les coloris neutres qui prédominent dans les collections, les petits commerces indépendants/créateurs désertant les centres-villes, le panel d’offres se désertifie de plus en plus.

 

 

Et comme si cela ne suffisait pas, une cause qui ne fait qu’amplifier le phénomène en lui conférant une certaine normalité et qui m’énerve par dessus tout : ce sont toutes les boutiques qui obligent leurs vendeur.se.s à s’habiller exclusivement en noir!!!
Je les boycotte de plus en plus, question de principe :

  • Calzédonia,
  • Naf Naf,
  • Mango,
  • Zara,
  • Etam,
  • Marionnaud,
  • Sephora,
  • Kiko,
  • Solaris,
  • Agatha,
  • Habitat,
  • Galeries Lafayette,
  • Printemps… ect… liste non exhaustive malheureusement!!! Quasiment 80% des grandes enseignes adoptent aujourd’hui ce précepte de manière épidémique.

Qu’on ne vienne pas me dire que c’est pour faire chic, ahhhhhhh ça non alors, cette règle est dépassée depuis 10 ans!!! Il faut vraiment être un PDG absent du terrain pour prendre une décision aussi stupide! A la fin de ta journée, tu as des traces blanches de poussière, grises de salissures, tu attrapes toutes les cochonneries possibles sur ton passage. Les traces de transpiration sont inévitables (je ne te raconte pas l’enfer quand tu vis dans le sud par 40° à l’ombre). Bref soit tu vis avec ton rouleau collant à proximité et tu passes la moitié de ta journée à te nettoyer aux chiottes, soit tu acceptes d’être dégueulasse et pas vraiment présentable (à moins de ne rien faire de tes journées et de demeurer statique tel un piquet, mais par expérience, c’est rarement le cas). Je te laisse imaginer l’état de tes fringues foncées après un déchargement matinal de palettes de marchandises… Si tu rajoutes à cela que c’est le coloris qui vieillit le plus mal avec le temps, rien de pire que d’avoir des vêtements délavés.

Je travaille dans le commerce depuis 15 ans. A mes débuts, les boutiques de fringues demandaient à leurs vendeuses de porter les vêtements de la marque, notamment la dernière collection. Je trouvais l’idée géniale de montrer ainsi sur des personnes différentes, avec des morphologies diverses comment tombe un vêtement et son rendu, ainsi que de donner aux clientes des idées d’associations possibles auxquelles on n’aurait pas forcément pensé. Ça stimulait la créativité des employés pour ne pas être habillés chaque jour pareil.
Puis, avec la crise, cette norme a disparu car elle nécessitait que les entreprises financent avec des bons d’achat la garde-robe de leurs employés.
Le noir a commencé à faire son apparition comme signe distinctif fédérateur pour reconnaître les salariés. Puis, allez savoir pourquoi, cette tendance a contaminé les autres domaines d’activité : déco, restauration, salon de coiffure!!! Mais pourquoi!!!
C’est ainsi que lorsque tu bosses pour Habitat et que tu vas en pause déj dans des enseignes concurrentes pour faire tes courses les gens viennent te faire chier à te demander moult renseignement (c’est du vécu, à la fin je ne sortais plus pour être tranquille, même au bar du coin j’étais harcelée).

Cependant une question me taraude, ou plutôt plusieurs…

Pourquoi vouloir à tout prix effacer les personnalités des salariés représentant ta boite quitte à en faire des clones?
Autant investir directement dans des robots, ce ne sera que plus rentable sur le long terme. Une petite révision mensuelle, un changement de boulons par ci, par là. Tu peux même leur donner la voix suave de Janine ou Robert du GPS…
C’est moins complexe à manager, ils ne demanderont pas d’augmentation annuelle, s’exécuteront sans poser de questions…
Ah oui, mrd, les clients, ils préfèrent converser avec leurs congénères, c’est ballot ça…

En quoi enlever leur singularité rendra-t-il leur travail plus qualitatif?
J’avoue que je n’ai pas le moindre élément de réponse. Personnellement, je suis incapable de rentrer dans un moule. Je suis une personne contestataire des règles idiotes lorsqu’elles me sont imposées. Cependant, force est de constater que je n’ai jamais autant vendu d’armoires qu’en portant mon collier chat. Il amusait les clients qui venaient spontanément me questionner sur sa provenance et finissaient par passer commande par la même occasion…

Comment prouver que cela influence favorablement le CA (car ne nous leurrons pas, tout a rapport avec l’argent)?
Soyons réalistes, si ça ne rapporte rien, cela a l’immense avantage de ne rien coûter, car la plupart du temps, tu dois te démerder pour acheter tes vêtements avec ta maigre paie et les nettoyer à tes frais (malgré le fait que la loi impose normalement l’entretien à l’employeur)…

Cela confère-t-il réellement une image plus premium?
Franchement, je préfère un vendeur qui connaît ses produits et qui peut bien me conseiller, qu’un employé « bien » habillé et je pense qu’il en est de même pour chacun d’entre nous lorsque nous avons un achat important à effectuer. Si tu veux que tes clients puissent identifier tes salariés, un tablier, un bon badge, voire un tea-shirt de l’enseigne, ça fait parfaitement l’affaire à moindre coût.
Et puis généralement, celui qui fait la poussière, qui met les prix ou qui implante un rayon, c’est le plus souvent un vendeur, non?

Et si cela n’a pas de sens commercialement parlant, alors pourquoi l’imposer comme valeur structurelle?
Pour faire comme tout le monde, c’est à la mode de copier son voisin. A défaut d’avoir de l’imagination et de faire preuve de créativité pour fédérer tes salariés autour de valeurs communes, c’est tellement plus simple de se dire que c’est la norme dans un domaine d’activité et de le suivre assurément sans se poser les bonnes questions. Nous sommes à l’ère du montonnage industrialisé et standardisé résultant sans doute d’une fuite des cerveaux à l’étranger de nos dirigeants (la faute du Fisc, encore).

 

Personnellement, j’ai refusé 2 CDI à cause de cette obligation. Pourquoi? Parce que cela m’est insupportable, je le vis très mal, cela ne cadre pas avec ma personnalité ni mon éthique. Si j’avais voulu être habillée en noir du matin au soir, j’aurais postulé chez les pompes funèbres.
Pour moi, le choix du vêtement est la seule et unique liberté qu’il nous reste dans notre quotidien écrasant. Nous vivons dans un monde régi par les obligations constantes. Chaque heure, minute, seconde, du moment où l’on ouvre un œil (avec ce p’tain de réveil qui sonne) et où l’on pose le pied au sol, on doit suivre un cheminement qui nous est dicté par la Société. Je ne souhaite pas que l’on me prive de cette ultime liberté, d’autant plus qu’elle ne gêne en rien celle des autres.

Si toi lecteur, lectrice, tu es confronté à la situation, viens me dire ce que tu en penses.
Si toi lecteur, lectrice, tu es chef d’entreprise/RH/ et que tu as mis en place ce système à la con dans ta boite, je serai ravie d’avoir ton point de vue sur mes questionnements.

 

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I have a dream : changer de vie

On croit toujours que les changements de vie sont impossibles. En réalité, c’est faux mais encore faut-il être prêt à accepter l’idée même du changement. Il y a encore 6 mois, je pense que j’aurais été incapable d’avoir le discours que je vais vous tenir aujourd’hui.

Ces derniers temps, je suis très énervée. Tout le temps… Comme une envie silencieuse de hurler. Pour diverses raisons. D’abord, parce que ma santé me fait défaut et qu’il n’y a rien de pire que de se sentir diminuer, que de ne pas parvenir à être en adéquation entre ce que tu veux faire et ce que tu peux réaliser. C’est un véritable déchirement intérieur.
Ensuite, parce que je ne trouve pas un emploi qui me satisfasse. Cela fait 10 mois que je suis au chômage, 10 p’tain de mois que je cherche, scrute, postule sans relâche et je serai bientôt en fin de droits… D’autant plus que j’ai déjà travaillé dans presque toutes les entreprises de mon domaine d’activité sur ma ville, donc je suis dans un cul de sac.
Mais cela fait surtout 15 ans (avec 3 changements de métiers à la clef dans 30 sociétés différentes) que je subis mon job. Non pas que je n’aime pas ce que je fais, mais je me sens prisonnière de ma situation. D’abord, les conditions de travail dans la vente sont physiquement difficiles. Les clients sont très agressifs, parfois même condescendants, si on rajoute à ça du harcèlement moral de son employeur pour un salaire de misère ne permettant que de survivre, c’est un cocktail parfait d’insatisfaction intarissable. Je suis prête à vivre avec peu mais pas à n’importe quelles conditions.

Cela fait des mois que tout ça mouline dans ma tête. Rajoutez-y un nombre incalculable d’entretiens d’embauche plus décousus et aberrants les uns que les autres (je pense que ça vaudrait un article à part) + voir tout mon entourage démarrer un nouveau cycle de vie en 2018 (mariage, enfant, construction, déménagement, voyage, nouveau job) me donne l’étrange sensation que je vis au ralenti dans un cadre spatio-temporel différent de celui des autres.

Moi aussi j’ai envie ou plutôt besoin de changements. Parce que là, j’étouffe littéralement.

Alors je me suis posée, et j’ai réfléchi. Longtemps. Des semaines. J’ai pesé le pour et le contre. J’ai trouvé une solution, mais je vais avoir besoin de l’aide financière de ma famille pour y parvenir. C’est quelque chose qui me stresse car j’ai horreur de dépendre de qui que ce soit, surtout lorsque c’est sur un plan financier. J’ai toujours tenu à me débrouiller seule. Je travaille depuis ma majorité. Mon crédo : si je peux me le payer, je fonce, sinon j’oublie. Seulement, je ne vais pas avoir le choix, car avec ma situation, je serai dans l’incapacité de souscrire à un emprunt auprès d’une banque. Même en travaillant, même en CDI, mon taux d’endettement en ayant un loyer est incompatible avec un prêt.

A l’heure actuelle, il faut savoir que mes charges fixes (loyer, impôts, taxes locales, web, tél, edf, assurance…) représentent presque 70% de mes revenus. C’est beaucoup trop. J’adore ma ville. J’adore mon appart. Il est bien placé et pas cher pour mon quartier (540€ cc pour 35m²+ balcon 4m² – adieu j’ai perdu les parisiennes là non?), mais il est aussi devenu une source de stress. Lorsque l’on travaille, on peut se permettre d’avoir un toit sur la tête puisque l’on a un apport d’argent constant. Lorsque l’on a des soucis de santé, qui parfois peuvent vous empêcher de gagner votre vie durant un temps indéterminé, ça devient plus complexe. Chaque jour, je me demande combien de temps je vais pouvoir payer et ne penser qu’à ça, nuit & jour, c’est épuisant. Alors j’ai pris la décision de le quitter. Après 14 ans dans ces murs à galérer financièrement, je vais finir SDF et heureuse de l’être! Non, pas SDF dans le sens péjoratif du terme, rassurez-vous, plutôt dans le sens littéral.

J’ai le projet fou de changer de mode de vie en investissant dans une Tiny Housse, un habitat écologique. C’est une petite maison transportable car construite sur une remorque routière homologuée. On en trouve à partir de 39 000€ tout équipées (le prix d’un garage dans mon quartier). L’avantage : pas de foncier, pas de taxe d’habitation, possibilité de résider même sur un terrain non constructible. Et ça, dans ma famille, on en a pleins! Pas de loyer, peu de charges, ainsi les mois où je ne pourrais pas travailler, je ne serai pas endettée jusqu’au cou et lorsque ma santé me permettra de bosser, je pourrais mettre de l’argent de côté pour voyager un peu et profiter de la vie.
Englué dans le quotidien métro-boulot-dodo, on a parfois tendance à oublier que la vie est courte.

Bon, je serai contrainte de changer de région provisoirement pour retourner dans le patelin de ma mère en Ardèche. Obligée de quitter ma ville de cœur à laquelle j’ai tout donné et qui me l’a bien mal rendu. Moi, la fille de la ville, pas amoureuse pour deux sous de la campagne, j’ai fait le choix d’aller y vivre pour gagner en sérénité et retrouver un peu de liberté… (Bon vous risquez de voir quelques stories hilarantes de moi face aux insectes… y a de ces spécimens par là-bas que j’en ai la chaire de poule rien qu’en l’écrivant)…

 

Modèle que j’ai choisi car me correspondant en tout point

Bon, ce n’est pas un projet que je vais pouvoir réaliser en 2 mois, mais j’espère qu’il pourra prendre forme courant 2018 et m’éviter que cette année ait un goût aussi amer que les précédentes.

C’est encore une démarche atypique et rare en France. Si je parviens à concrétiser tout ça, je vous en parlerais plus longuement sur le blog et IG car je pense que ce mode de vie va prendre de l’ampleur et que ma démarche pourrait en intéresser d’autres.

 

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